Guinée : décès de Claude Pivi, figure controversée des événements du 28 septembre 2009

Claude Pivi, ancien responsable militaire guinéen et l’une des figures les plus controversées des événements du 28 septembre 2009, est décédé ce mardi 6 janvier 2026 à Conakry. L’information a été confirmée par un communiqué du parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Il purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité dans le cadre du procès historique relatif au massacre du 28 septembre.

Connu sous le surnom de « Coplan », Claude Pivi fut longtemps un homme clé de l’appareil sécuritaire guinéen. Officier des forces spéciales, il s’est imposé au fil des années comme une figure redoutée, notamment sous la junte militaire du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), arrivée au pouvoir après la mort du président Lansana Conté en décembre 2008. À cette période, il occupait le poste de ministre chargé de la Sécurité présidentielle, une fonction stratégique au cœur du dispositif de pouvoir.

Son nom reste indissociablement lié aux événements tragiques du 28 septembre 2009. Ce jour-là, des milliers de Guinéens s’étaient rassemblés pacifiquement au stade du 28-Septembre à Conakry pour protester contre une éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle. La manifestation fut violemment réprimée par les forces de sécurité. Selon les Nations unies et les organisations de défense des droits humains, au moins 150 personnes ont été tuées, des centaines blessées et de nombreuses femmes victimes de violences sexuelles.

Claude Pivi a été accusé d’avoir joué un rôle central dans cette répression sanglante. Après des années d’attente, le procès des responsables présumés du massacre s’est ouvert en septembre 2022, marquant une étape majeure dans la lutte contre l’impunité en Guinée. À l’issue de ce procès inédit, Claude Pivi a été reconnu coupable de crimes et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, une décision saluée par les victimes et les défenseurs des droits humains.

Son parcours a toutefois été marqué par des zones d’ombre, notamment son évasion spectaculaire de la maison centrale de Conakry en novembre 2023, avant d’être repris plusieurs mois plus tard. Cet épisode avait ravivé les craintes des victimes quant à l’effectivité de la justice.

Le décès de Claude Pivi intervient alors que la Guinée poursuit un processus fragile de réconciliation nationale. Pour de nombreuses familles endeuillées et survivants du 28 septembre 2009, cette disparition ravive des blessures encore ouvertes, tout en rappelant l’importance de préserver la mémoire des victimes et de garantir que de tels drames ne se reproduisent plus.

Selon le parquet général dans son communiqué, sont décès fait suite à des maladies. Le défunt recevait des soins intensifs contre le « diabète chronique, l’hypertension artérielle et maladie articulaire (goutte) ». Il avait été conduit à l’hôpital militaire Almamy Samory Touré.

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