Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara en route pour un quatrième mandat après une victoire écrasante

Le président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, s’achemine vers un quatrième mandat à la suite de l’élection présidentielle du 25 octobre dernier. Selon les résultats globaux provisoires communiqués par la Commission électorale indépendante (CEI) ce lundi 27 octobre, il a remporté le scrutin avec 89,77 % des suffrages.

La victoire de M. Ouattara, 83 ans, est sans équivoque. Il devance largement ses quatre concurrents : Simone Ehivet Gbagbo du Mouvement des générations capables (2,42 %), Jean-Louis Billon du Congrès démocratique (3,09 %), l’indépendant Ahoua Don Mello (1,97 %) et Henriette Lagou du Groupement des partis politiques pour la paix (1,15 %). Le président de la CEI a d’ailleurs qualifié ce résultat de « coup KO » porté par le chef de l’État.

Si son score est légèrement inférieur à celui de 2020 (95,31%), il reste supérieur à sa performance de 2015 (83,66%). Il est arrivé en tête dans l’ensemble des circonscriptions, avec des scores avoisinant les 100% dans plusieurs départements du nord.

Cependant, un autre chiffre interpelle : le taux de participation. Il s’établit à 50,10 %, en baisse par rapport aux deux précédents scrutins. Cette abstention a été particulièrement marquée dans certaines zones, comme le département de Gagnoa (20,68%) ou la commune abidjanaise de Cocody (19,24%).

Réactions contrastées et contentieux en perspective

Le camp présidentiel peut se réjouir de la reconnaissance immédiate de sa victoire par l’un de ses adversaires. Dès dimanche soir, Jean-Louis Billon a adressé ses félicitations à Alassane Ouattara. Tout en pointant des irrégularités et le faible taux de participation, il a reconnu sa défaite.

À l’inverse, la plateforme d’opposition du Front commun, rassemblant le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjiane Thiam – tous deux écartés de la course par le Conseil constitutionnel – a rejeté le scrutin. Dans un communiqué, elle a dénoncé une « mascarade électorale » et un « coup d’État civil », exigeant « l’organisation de nouvelles élections crédibles ».

La période de contentieux électoral est désormais ouverte. Le Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats définitifs, devra se prononcer après l’examen d’éventuels recours.

Un scrutin globalement calme mais émaillé d’incidents

Selon un bilan des forces de l’ordre, l’élection s’est globalement déroulée dans le calme, bien que des incidents aient été signalés dans environ 2% des bureaux de vote. Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) a fait état de dix morts depuis la mi-octobre en marge du processus électoral. Le candidat Ahoua Don Mello a notamment déploré lundi matin des « atrocités commises à Nahio », où trois personnes ont perdu la vie, selon le communiqué du procureur d’Abidjan.

Plusieurs missions d’observation ont présenté leurs conclusions préliminaires. Le CNDH, avec 2350 observateurs déployés, a estimé que le scrutin s’était « globalement déroulé dans un climat serein ». Le Consortium des organisations de la société civile pour les élections (Coscel-CI) a, quant à lui, alerté sur la « prolifération de fausses informations ». La Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) a salué les efforts des autorités et appelé la communauté internationale à continuer de soutenir la Côte d’Ivoire.

Alors que le pays attend la proclamation définitive, cette présidentielle, la septième depuis l’avènement du multipartisme, laisse entrevoir une prolongation du régime Ouattara, sur fond de divisions politiques et d’une frange de l’électorat en retrait.

Espoir info

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