Au Burkina Faso, le projet de loi relatif aux libertés religieuses, adopté le 19 mars 2026 en Conseil des ministres, continue de faire réagir sur les réseaux sociaux, où certaines voix, notamment au sein d’une communauté religieuse, estiment être particulièrement visées. Face à la polémique, la Directrice générale des affaires religieuses, coutumières et traditionnelles, Mariam Sanogo, a tenu à apporter des clarifications dans un entretien accordé à l’Agence d’information du Burkina.
« Le projet de loi n’interdit pas de prier dans les services publics. Ce qui est interdit c’est l’érection d’édifices religieux de quelque forme que ce soit. Le pratiquant qui veut prier doit prendre les dispositions selon les nécessités du service, selon la possibilité de prier », a-t-elle clarifié, dans l’entretien relayé par l’AIB ce mardi 24 mars 2026. Elle précise que le texte vise plutôt « un encadrement de l’exercice des cultes dans les services publics », et non une restriction des pratiques religieuses.
Selon elle, cette orientation se justifie par des contraintes pratiques. « A défaut de ne pas pouvoir construire des lieux de cultes pour tous les courants religieux dans les services publics, je crois que c’est mieux de l’interdire », a-t-elle ajouté. Toutefois, l’interdiction ne concerne pas certains cadres spécifiques, notamment les formations sanitaires, les établissements pénitentiaires et les casernes, où la construction de lieux de culte est déjà prévue.
Mme Sanogo insiste également sur le caractère inclusif du texte qui « ne met à l’index aucune religion ». « Mais il concerne toutes les confessions religieuses dans l’encadrement du culte religieux dans notre pays », a-t-elle affirmé, assurant en outre que le projet de loi garantit la liberté de religion pour chaque citoyen burkinabè.
Enfin, elle souligne que cette réforme vise à combler un vide juridique dans un contexte marqué par « l’extrémisme violent, le sectarisme, la radicalisation et les discours haineux », qui fragilisent la cohésion sociale.
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