Côte d’Ivoire : une élection décisive entre continuité et désir de renouveau

La Côte d’Ivoire retient son souffle ce samedi 25 octobre 2025. Les Ivoiriens se rendent aux urnes pour élire leur président, dans un climat mêlant espoir, méfiance et lassitude politique. Cinq candidats sont en lice, dont le président sortant Alassane Ouattara, qui brigue un quatrième mandat. Un pari risqué pour un chef d’État dont la longévité politique suscite autant de soutien que de crispation.

Dans les rues d’Abidjan, de Bouaké, de Korhogo, de Yamoussoukro, etc., la même question revient : jusqu’où peut aller la continuité sans risquer la rupture ? Pour ses partisans, Alassane Ouattara incarne la stabilité et la poursuite du développement économique engagé depuis plus d’une décennie. Mais pour une partie de la population, ce quatrième mandat symbolise un essoufflement démocratique et une confiscation du pouvoir. Ce contraste illustre la dualité d’un pays en quête d’équilibre entre le besoin d’ordre et la soif d’alternance.

Le retrait de Laurent Gbagbo de la scène politique marque aussi un tournant. L’ancien président, longtemps au cœur des grandes batailles électorales ivoiriennes, semble vouloir clore un chapitre tumultueux de l’histoire nationale. Sa mise en retrait résonne comme une invitation à dépasser les vieilles rivalités, mais elle laisse aussi orphelins de nombreux militants pour qui il incarnait la résistance à l’ordre établi.

Dans ce contexte, la jeunesse ivoirienne regarde cette élection avec un mélange d’espoir et de résignation. Majoritaire dans le corps électoral, elle aspire à un changement réel, à une politique qui parle d’emploi, d’éducation, de pouvoir d’achat, et non plus seulement de leadership et de stabilité. Pourtant, beaucoup redoutent que le scrutin ne soit qu’une répétition des scénarios passés, où le vote se transforme en épreuve de force entre camps irréconciliables.

Le défi pour la Côte d’Ivoire est clair : réussir une élection apaisée et crédible. Après les douloureuses crises post-électorales de 2010 et les tensions de 2020, chaque citoyen mesure le prix de la paix. Les forces de sécurité ont été déployées, les appels au calme se multiplient, et chacun espère que cette journée s’achèvera sans heurts.

Au fond, ce scrutin ne se résume pas à une compétition politique. Il incarne le choix d’une société tout entière : poursuivre la voie d’une stabilité encadrée ou oser un renouveau démocratique. Entre la continuité d’un pouvoir expérimenté et le besoin d’un souffle nouveau, la Côte d’Ivoire s’apprête à trancher. Et, quelle que soit l’issue, le pays devra continuer à apprendre à conjuguer ses ambitions avec sa mémoire. Ce 25 octobre 2025, les Ivoiriens votent, mais surtout, ils décident du sens qu’ils veulent donner à leur avenir collectif.

Pour rappel, les cinq candidats à ces élections sont : Jean-Louis Billon du (Congrès Démocratique, CODE), un « ex-cadre » du PDCI, l’ex-Première dame Ehivet Simone Épouse Gbagbo du Mouvement des Générations Capables, MGC, Ahoua Don-Mello Jacob (Indépendant), Henriette Lagou du Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP-PAIX) et Alassane Ouattara, candidat du RHDP, parti au pouvoir.

Espoir info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Publicite

spot_img

Publicite

spot_img
Sur le même sujet

Côte d’Ivoire: Téné Birahima Ouattara nommé Vice-Premier ministre du nouveau gouvernement

Le frère cadet du président ivoirien, Alassane Ouattara, a...

Conakry: plusieurs personnalités présentes pour l’investiture de Mamadi Doumbouya

Plusieurs délégations officielles ont fait le déplacement sur Conakry...

Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno lauréat du Prix Africain pour la Paix 2026

Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a été...

Côte d’Ivoire: cinq ans de prison requis contre le député malien Mahamadou Gassama

Mahamadou Gassama, député du Conseil national de la transition...