Burkina: la Douane présente à l’Est, Centre et Centre-Ouest contre les trafics illicites

La lutte contre les trafics illicites, loin de se réduire à une succession d’interpellations spectaculaires, constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus concrètes de la souveraineté économique, environnementale et sanitaire de l’État. À travers trois opérations récentes à l’Est, au Centre et au Centre-Ouest, les unités douanières ont rappelé, avec une rigueur méthodique, que le territoire national n’est ni un corridor de complaisance ni un laboratoire d’expérimentation pour les réseaux clandestins.

Dans le Centre-Ouest, la Brigade Mobile de Koudougou a conduit une opération d’une ampleur significative, révélatrice de la profondeur des mutations du commerce illicite. Le ratissage a permis la saisie de 1.000 cartouches de cigarettes de 72 boîtes d’herbicides non conventionnels, ainsi que de 33 sacs de détergents. Au-delà des chiffres, c’est la nature même des produits qui interpelle : tabac de contrebande échappant aux droits et taxes surtout le Fonds de soutien patriotique, intrants chimiques non homologués susceptibles d’affecter les sols, les cultures et la santé humaine, et produits détergents dont la traçabilité reste incertaine. Une même logique traverse ces catégories : l’économie grise prospère en contournant les normes fiscales, sanitaires et environnementales qui structurent le vivre ensemble.

Plus à l’Est, sur les marges frontalières, l’alerte s’est portée sur le circuit des huiles alimentaires. Un minibus en pleine brousse, chargé de bidon d’huile alimentaire, a été intercepté par une escouade de la Direction de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). L’ensemble de la cargaison était dépourvu de tout titre régulier d’importation. Ici encore, l’enjeu excède la seule infraction douanière : il touche à la sécurité du consommateur, à la transparence des chaînes d’approvisionnement et, plus largement, à la loyauté des échanges commerciaux. L’huile alimentaire, produit de consommation courante, ne saurait être l’objet d’une circulation clandestine où la qualité, l’origine et la conformité aux normes échappent à tout contrôle.

À ces deux opérations s’ajoute une troisième, tout aussi déterminante par ses implications environnementales : l’Unité Mobile d’Intervention (UMI) a procédé, sur l’axe Ouaga–Léo, à la saisie de plus de 20 tonnes de sachets plastiques prohibés. Cette cargaison massive, destinée à une mise en circulation illégale, menace directement les écosystèmes, les sols, les cours d’eau et la santé des populations. En neutralisant ce flux, la Douane ne protège pas seulement l’économie formelle ; elle défend aussi le droit des générations futures à un environnement viable et sain.

Ces trois opérations, en apparence différentes par leurs objets et leurs théâtres d’intervention, participent d’une même architecture stratégique: le maillage du territoire, l’anticipation de la fraude et de la neutralisation des risques. Les unités engagées: Brigades mobiles, DST et UMI ont démontré une complémentarité opérationnelle fondée sur le renseignement, la mobilité et la capacité d’intervention en zones difficiles d’accès. En cela, elles s’inscrivent dans la modernisation des pratiques douanières, où la Douane n’est plus seulement un guichet fiscal, mais un acteur central de la protection du marché intérieur, de la santé publique, de la sécurité et de l’environnement.

Dans un message d’orientation, le Directeur général des Douanes, l’Inspecteur divisionnaire Yves KAFANDO, a salué la détermination des agents tout en appelant à la vigilance collective. Il a rappelé que la Douane ne saurait agir seule : la dénonciation citoyenne, ma responsabilité des opérateurs économiques et le respect des normes constituent les premiers remparts contre la fraude. Il a invité les populations à refuser les circuits parallèles et à privilégier les filières régulières, gages de sécurité, de qualité et de justice fiscale. Pour le Directeur général, la protection du pays commence par le respect de la règle et la confiance dans les institutions.

Il convient également de souligner la portée pédagogique de ces saisies. Elles rappellent aux opérateurs économiques que la facilitation des échanges, à laquelle la Douane contribue par des réformes structurelles, ne saurait être confondue avec la permissivité. La fluidité commerciale n’exclut pas la discipline ; elle la présuppose. S’affranchir des règles, c’est fragiliser la concurrence loyale, mettre en péril les finances publiques et exposer les populations à des produits dont la dangerosité peut être silencieuse mais réelle.

Ainsi, de la brousse frontalière de l’Est aux corridors du Centre-Ouest, en passant par le Centre, une même idée s’impose : l’Etat garde le territoire et la Douane en est l’un des visages les plus concrets. Par des actes parfois discrets, souvent exigeants, toujours décisifs, elle oppose une fin de non recevoir aux économies souterraines et réaffirme la primauté du droit. À travers ces saisies, ce n’est pas seulement une marchandise qui est retenue : c’est une certaine idée de l’ordre public, de la responsabilité économique, de la protection de l’environnement et de la sécurité des citoyens qui est, une fois encore, défendue.

La Douane: Honneur-Devouement-Vigilance

SCRP-DGD

ESPOIR INFO

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Publicite

spot_img

Publicite

spot_img
Sur le même sujet

Burkina/Fraude: la Douane en alerte, des contrebandiers stoppés dans leur élan se confessent

La Direction générale de la Douane (DGD) a présenté...

Burkina/Développement: la BOAD mobilisera 750 milliards de FCFA sur les cinq prochaines années

Burkina/Développement: la BOAD mobilisera 750 milliards de FCFA sur...

Burkina: des poulets avariés impropres à la consommation saisis et incinérés

(Ouagadougou, 9 mars 2026) La Brigade mobile de contrôle...

Yako: un agriculteur gagne 61.485.000 FCFA au PMU’B

Le dimanche 8 mars 2026, la Loterie nationale burkinabè,...