Opération « Bouclier tête durcie » : à Ouagadougou, près de « 98% des usagers à 2 et 3 roues portent leur casque » (Constat)

Le port du casque obligatoire est désormais une réalité au Burkina Faso. Le lundi 5 octobre 2026, des journalistes ont fait le constat sur le terrain. Ils ont été conduits par la police nationale dans cinq grands carrefours à Ouagadougou, pour toucher du doigt l’effectivité de l’application de cette mesure entrée en vigueur depuis le 1er octobre 2026.

Depuis le 1er octobre dernier, après la phase de sensibilisation, l’opération « Bouclier tête durcie » est entrée dans sa phase de répression. Une sortie terrain ce lundi a permis de faire le point sur les trois premiers jours de l’application de cette mesure de port obligatoire du casque et de toucher du doigt l’effectivité de la mesure sur le terrain.

Selon le Contrôleur Général de Police, Aguima Abdoulaziz Yonli, Directeur Régional (DR) de la Police Nationale du Kadiogo, près de 3 000 personnes ont été interpellées pour non-port de casque, dont 1 600 verbalisées. Ces dernières ont récupéré leurs engins après présentation d’un casque. « La première journée, nous avions près de 2 000 contrevenants, 600 le deuxième jour et environ 500 le troisième. Les gens ont commencé à en prendre conscience », a-t-il analysé.

Le Contrôleur général de Police, Aguima Abdoulaziz Yonli faisant le point de la mesure du port de casque obligatoire dans la région du Kadiogo

Le constat a été fait par les journalistes aux carrefours du Moogho Naaba, de Schiphra, de Ouaga 2000, de Gounghin et du 2 Octobre. Selon la police nationale, « près de 98% des usagers de deux et trois roues portent désormais un casque ». Une satisfaction pour les agents de sécurité routière, même s’ils déplorent la présence en circulation de « quelques récalcitrants qui ne portent toujours pas leur casque ». « Nous sommes dans la phase de répression. Dans l’ensemble, le bilan est satisfaisant », s’est réjoui l’Adjudant de police David Idégo, regrettant tout de même des « actes d’incivisme » de certains usagers qui « trouvent le moyen de bifurquer » et d’emprunter des voies secondaires pour éviter le contrôle policier .

Sur le terrain, l’application de la mesure du port du casque est stricte. À chaque carrefour, des dizaines de motos sont immobilisées. L’usager Noël Malgoubri, interpellé pour non port du casque se justifie : « avec la rentrée, je n’ai pas de quoi payer un casque, mais je comprends que le casque protège l’usager en cas d’accident ».

L’usager Noël Malgoubri expliquant qu’il n’a pas pour le moment les moyens de se procurer un casque

Ousséni Sawadogo, lui, a été arrêté et sensibilisé malgré son casque. A l’entendre, celui qu’il avait remorqué n’avait pas de casque. « J’ignorais que le passager devait aussi en porter », se défend-t-il. Pour la police, tout usager à deux ou trois roues devrait porter son casque car en cas d’accident, celui qui est remorqué sur l’engin n’est pas épargné.

Mais pour l’heure, les agents de sécurité routière assurent que seul le conducteur est contrôlé, le passager étant sensibilisé. « Il y aura un moment où on dira ‘Opération Bouclier Double Tête’ pour prendre en compte le passager », prévient le Directeur régional de la police.

Plusieurs engins ont été immobilisés pour non port du casque

Au titre des amendes, les 1 600 verbalisations ont rapporté 3 561 000 FCFA à l’État. le Contrôleur Général de Police, Aguima Abdoulaziz Yonli a invité les populations au civisme : « Porter le casque, c’est se protéger soi-même et protéger sa famille. C’est être patriote ».

Rebecca Gounabou (Stagiaire)

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