La recherche agricole explore de nouvelles solutions pour protéger les cultures maraîchères au Burkina Faso. À Léguéma, près de Bobo-Dioulasso, des chercheurs de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) expérimentent l’utilisation de quatre plantes pour assainir les sols et réduire les maladies qui affectent les cultures de tomate. Une visite commentée organisée le samedi 31 octobre 2026 a permis de présenter les premiers résultats de cette démarche aux producteurs.
Une quarantaine de participants, composée de chercheurs de l’INERA Farako-Bâ, de représentants du ministère chargé de l’Agriculture et de producteurs locaux, ont découvert cet essai conduit dans le cadre du projet « Contrôle des maladies telluriques de la tomate par l’utilisation de plantes assainissantes ». Le projet est financé par le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID).

Quatre espèces végétales sont au cœur de l’expérimentation : le crotalaire (Crotalaria retusa), le basilic africain (Ocimum gratissimum), l’oignon feuille ou ciboulette (Allium fistulosum) et le ricin (Ricinus communis). Selon le Dr Oumarou Traoré, phytopathologiste au Centre de recherche environnementale, agricole et de formation (CRE-FL), ces plantes présentent un potentiel intéressant pour lutter contre les maladies qui affectent les cultures.
Les travaux antérieurs de l’équipe de recherche ont déjà enregistré une réduction de plus de 55 % du potentiel infectieux du sol et de 40 % de l’incidence de la maladie au champ après l’utilisation de ces plantes. Leur action permettrait ainsi de limiter certaines infections sans recourir aux pesticides de synthèse.

À Léguéma, l’objectif est toutefois d’aller plus loin en vérifiant l’efficacité de cette méthode contre d’autres maladies telluriques de la tomate. L’essai actuellement conduit constitue un pré-test : les plantes assainissantes ont été récoltées puis enfouies dans le sol. La prochaine étape consistera à y cultiver des tomates afin d’évaluer leur effet sur les maladies ciblées.
Cette expérimentation répond à une préoccupation importante pour la filière tomate. Au Burkina Faso, cette culture occupe la deuxième place en termes de production maraîchère, après l’oignon bulbe. Elle reste cependant confrontée à plusieurs contraintes phytosanitaires susceptibles de réduire considérablement les rendements. À Léguéma, les chercheurs s’intéressent notamment au flétrissement bactérien, à la fusariose et aux attaques de nématodes.

La visite a également permis aux producteurs de découvrir les usages agricoles de plantes qu’ils connaissent parfois déjà. Soumana Sanou, producteur de la localité, a expliqué que trois des quatre espèces présentées étaient connues dans la zone, mais que leur utilisation pour assainir les sols n’était pas familière aux maraîchers. « On ne savait pas que ces plantes pouvaient servir dans le sol pour les cultures », a-t-il confié.
Pour le chercheur Fousseni Boro, l’intérêt de cette approche réside notamment dans son potentiel agroécologique. « L’utilisation de ces plantes de services est importante car elle constitue une alternative à l’utilisation des pesticides », a-t-il souligné.

Mis en œuvre par l’INERA, l’Université de Gaoua et le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le projet entend contribuer au développement de pratiques agricoles plus durables. Les prochaines étapes de l’expérimentation à Léguéma permettront de mieux apprécier l’efficacité de ces plantes dans la protection des cultures de tomate.
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