Attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis: le jour où le monde a basculé

Il y a vingt-cinq ans, le 11 septembre 2001, les États-Unis étaient frappés au cœur de leur puissance. En quelques heures, quatre avions de ligne détournés transformaient une matinée ordinaire en l’une des journées les plus tragiques de l’histoire contemporaine.

À 8 h 46, le vol American Airlines 11 percute la tour Nord du World Trade Center, à New York. Dix-sept minutes plus tard, à 9 h 03, le vol United Airlines 175 s’écrase contre la tour Sud. Les images des deux tours en flammes, diffusées en direct à travers le monde, vont devenir le symbole d’un traumatisme planétaire. À 9 h 37, un troisième avion frappe le Pentagone, siège du département américain de la Défense, près de Washington.

À 10 h 03, le quatrième appareil, le vol United 93, s’écrase dans un champ de Pennsylvanie après que des passagers ont tenté de reprendre le contrôle de l’avion. Les deux tours du World Trade Center s’effondrent ensuite, à moins d’une heure d’intervalle. Au total, 2 977 personnes sont tuées dans les attentats, selon un bilan dressé par le FBI.

Ce jour-là, l’Amérique découvre brutalement sa vulnérabilité. Le président George W. Bush, qui se trouve dans une école en Floride lorsqu’il apprend qu’un avion vient de percuter le World Trade Center, est rapidement placé sous protection et déplacé vers plusieurs sites sécurisés avant de regagner Washington. Dans la soirée, il s’adresse à la nation. Les États-Unis, dit-il en substance, ne considéreront pas seulement les auteurs directs des attaques comme leurs ennemis : ceux qui les abritent ou les soutiennent devront également répondre de leurs actes. Le 11-Septembre devient ainsi le point de départ de ce que l’administration Bush appellera la « guerre contre le terrorisme ».

Le président américain d’alors, Georges W. Bush a désigné l’Irak, l’Afghanistan et la Corée du Nord comme « l’axe du mal », après les attentats du 11-Septembre

La réaction américaine est immédiate et profonde. Les autorités renforcent la sécurité intérieure, réorganisent leur appareil de renseignement et adoptent de nouvelles lois. Le USA PATRIOT Act, adopté quelques semaines après les attentats, élargit notamment les pouvoirs d’enquête et de surveillance des autorités. La sécurité aérienne est également profondément transformée avec la création de la Transportation Security Administration. Le Department of Homeland Security est ensuite créé pour regrouper plusieurs agences fédérales autour de la protection du territoire américain. Ces mesures ont durablement changé la manière de voyager, de surveiller les menaces et de lutter contre le terrorisme.

Mais la réponse au 11-Septembre ne s’arrête pas aux frontières américaines. Quelques jours seulement après les attentats, l’OTAN invoque pour la première fois de son histoire l’article 5 du traité de Washington, selon lequel une attaque armée contre un membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble de l’Alliance. Les États-Unis bénéficient alors d’un soutien international exceptionnel.

Le premier grand front de cette nouvelle guerre est l’Afghanistan. Washington accuse Al-Qaïda, dirigée par Oussama Ben Laden, d’être responsable des attentats et reproche au régime taliban d’abriter l’organisation. L’intervention militaire américaine commence en octobre 2001. Les talibans sont rapidement chassés du pouvoir, mais la guerre afghane va se prolonger pendant près de vingt ans, jusqu’au retrait américain de 2021.

Un attentat a visé les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan au matin du mardi 11 septembre 2001, faisant plusieurs morts. Source image : net

L’onde de choc dépasse rapidement la seule question militaire. Le monde entre dans une nouvelle époque sécuritaire. Dans les aéroports, les contrôles deviennent beaucoup plus stricts. Les services de renseignement coopèrent davantage. La lutte contre le financement du terrorisme devient une priorité internationale. Dans de nombreux pays, les politiques antiterroristes sont renforcées.

Il faut également se souvenir que le traumatisme américain a progressivement débouché sur des décisions qui ont dépassé le cadre de la lutte contre Al-Qaïda. L’invasion de l’Irak en 2003 en est l’un des exemples les plus importants. Or, la Commission d’enquête sur le 11-Septembre n’a pas établi de relation opérationnelle entre Saddam Hussein et Al-Qaïda dans la préparation des attentats.

Vingt-cinq ans plus tard, le 11-Septembre demeure donc bien plus qu’une date dans les livres d’histoire. C’est le souvenir de milliers de vies brutalement interrompues, mais aussi celui d’un monde qui a changé de visage en quelques heures.

Ce jour-là, les États-Unis ont découvert que leur puissance ne les mettait pas à l’abri du terrorisme. Le reste du monde a, lui aussi, compris que la menace pouvait frapper partout et que ses conséquences pouvaient rapidement dépasser les frontières d’un seul pays.

Le 11 septembre 2001 appartient désormais à l’histoire. Mais son héritage, lui, continue de façonner notre présent : dans les aéroports, dans les politiques de sécurité, dans les guerres menées au nom de la lutte contre le terrorisme et dans les débats, toujours ouverts, entre sécurité et liberté.

Espoir info

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

Publicite

spot_img

Publicite

spot_img
Sur le même sujet

Guinée: le procès de l’ex-magistrat Algassimou Diallo renvoyé au 15 octobre prochain

La Cour suprême a renvoyé l’affaire Algassimou au 15...

Tanzanie : l’époux de la présidente Samia Suluhu Hassan est décédé

Hafidh Ameir Hassan, époux de la présidente tanzanienne Samia...

Guinée: les avocats d’Algassimou Diallo alertent sur sa « disparition » de son lieu de détention

L'ex-avocat général près la Cour suprême de la Guinée...

Nigeria : plus de 40 agents anticorruption licenciés pour corruption

Plus de 40 agents de la Commission des crimes...