Issaka (nom d’emprunt) est un jeune orpailleur à l’aventure dans la région des Tannounyan à la recherche du métal jaune. Il a été poursuivi par le procureur du Faso pour recel d’une motocyclette appartenant à Jaques (nom d’emprunt). Il a comparu devant le tribunal correctionnel de Banfora le 23 septembre 2025.
Selon les déclarations faites à l’audience, c’est dans la nuit du 27 juillet dernier que Jaques s’est fait dérober son engin. Il avait garé et bouclé sa monture comme d’habitude dans sa cour, mais au petit matin, son réveil fut douloureux en constatant que son moyen de déplacement avait été dérobé. De recherche en recherche, Jaques n’eut aucune nouvelle. Impuissant face à son sort, il finit par déposer plainte au commissariat de police à Banfora.
Comme par hasard, évoluant aussi dans l’orpaillage, Jaques a été invité par un de ses amis sur un nouveau site aurifère pour tenter sa chance dans sa quête de l’or, un mois après la perte de sa moto. Une fois sur ce site, par coup de chance, il aperçut un matin, lors de sa promenade, sa moto garée, qu’il reconnut immédiatement. Aussitôt, il demanda à savoir qui avait conduit la moto sur ces lieux. C’est là qu’Issaka s’est présenté comme étant le propriétaire de l’engin. Il aurait même affirmé dans un premier temps que c’était bien sa monture, avant de se raviser, voyant que Jaques clamait haut et fort qu’il venait d’attraper le voleur de sa moto.
« Il a dit dans un premier temps que la moto lui appartenait avant de nous faire savoir que c’était son grand frère qui l’avait amenée à la maison », a confié Jaques à la barre. La suite : Jaques, aidé par son ami, a traîné Issaka au commissariat de police pour être entendu.
À la barre, le prévenu a juré qu’il n’était pas voleur et qu’il ne savait pas que la moto, amenée par son grand frère, était le produit d’un vol. Pour lui, c’était l’engin d’un des amis de ce dernier dont il avait l’habitude d’emprunter la moto. « C’est mon grand frère qui a amené la moto avec deux clés neuves et une carte grise », a-t-il laissé entendre.
Selon les déclarations à la barre d’Issaka, deux semaines après avoir amené la moto à la maison, son frère a effectué un voyage dans une région voisine et lui a laissé une consigne ferme : faire rentrer la moto dans la maison et la boucler jusqu’à son retour. Seulement, cette consigne n’a pas été respectée par le petit frère. Il s’est permis de se rendre avec la moto sur un site aurifère, tout en prenant soin de retirer la plaque d’immatriculation. Ce fut le début de ses soucis.
À l’audience, le parquet a fait remarquer les contradictions d’Issaka entre ses propos à la barre et ceux tenus en enquête préliminaire. « Devant le procureur, vous avez fait savoir que vous aviez retiré sciemment la plaque d’immatriculation afin de ne pas être interpellé par les forces de l’ordre lors d’un contrôle. Aujourd’hui, vous nous dites que vous avez retiré la plaque juste parce que les écrous n’étaient pas bien serrés », a relevé le ministère public.
Le procureur a dit être convaincu que si Issaka n’a pas voulu rouler avec la plaque d’immatriculation, c’est parce qu’il savait bien que la moto était le produit d’un vol. Les faits de recel sont alors caractérisés pour le ministère public, qui a demandé au tribunal de maintenir le prévenu dans les liens de la prévention et de le déclarer coupable. En répression, il a été requis un an de prison et une amende d’un million de F CFA, le tout assorti de sursis.
Jaques s’est constitué partie civile et a demandé 507 000 F CFA à titre de dommages et intérêts. Cette somme prend en compte, selon lui, non seulement les frais de réparation de son engin, mais aussi la valeur de l’or qu’il aurait gardé sous sa selle de la moto au moment du vol.
Le tribunal, dans sa décision, a reconnu le prévenu coupable et l’a condamné à 12 mois de prison et à une amende d’un million de F CFA, le tout avec sursis. Le tribunal a par ailleurs reçu la constitution de partie civile de Jaques et l’a déclarée partiellement fondée. Issaka a donc, en outre, été condamné à verser la somme de 100 000 F CFA au plaignant, avec une contrainte d’exécution judiciaire fixée à 6 mois.
Source : Justice Infos Burkina
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