La suspension de l’opérateur de transactions financières Wave SA à Bamako continue de susciter une vive contestation au Mali. Décidée hier, dimanche 22 février 2026, la mesure a provoqué une forte grogne populaire, largement relayée sur les réseaux sociaux et loin de s’essouffler. À l’origine de cette décision, la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCC), qui a rendu publiques les conclusions d’une enquête approfondie visant l’opérateur. Selon l’administration, Wave SA aurait enfreint les règles de facturation liées à une nouvelle taxe nationale, rapporte le correspondant de Guinéematin.com basé à Bamako.
Cette affaire s’inscrit dans le cadre du fonds de soutien à la guerre instauré depuis mars 2025, lequel impose un prélèvement de 1 % sur chaque retrait d’argent effectué via les services de mobile money. Une taxe largement rejetée par la population, qui y voit un abus de pouvoir dans un contexte économique déjà tendu.
Alors que les opérateurs historiques, notamment Orange Money et Moov Money, ont immédiatement répercuté ce coût sur leurs clients, Wave SA avait opté pour une stratégie différente : absorber la taxe. Pour les utilisateurs, les frais demeuraient inchangés. Mais pour les autorités, cette pratique constitue une anomalie commerciale majeure.
La DGCC estime en effet que le refus de facturer la taxe au client final s’apparente à une concurrence déloyale, en ce qu’il revient à proposer un service à un prix inférieur à son coût réel. Des opérateurs concurrents, dont Orange Mali, se seraient plaints à plusieurs reprises de cette situation.
Malgré la suspension prononcée, de nombreux consommateurs maliens montent au créneau pour défendre l’exception tarifaire de Wave, qu’ils considèrent bénéfique pour le pouvoir d’achat. Ils rappellent que l’arrivée de l’opérateur a contribué à mettre fin à un système de frais jugés excessifs dans le secteur du mobile money.
La polémique prend également une dimension politique. Certains contestataires invoquent la souveraineté nationale retrouvée, dans un contexte de transition marqué par une posture critique à l’égard des intérêts français, soulignant qu’Orange Mali est une filiale de France Telecom.
Pour plusieurs observateurs, cette décision donne l’impression que l’État ne protège pas suffisamment une population déjà éprouvée par une conjoncture économique difficile et un contexte sécuritaire multidimensionnel. Les départements en charge de la communication et de l’économie sont désormais attendus pour clarifier leur position sur une polémique qui ne cesse de prendre de l’ampleur.
Source: Guinéematin.com
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