Soutenance de thèse à l’UJKZ : Kambouélé Nourkoum explore les particularismes linguistiques dans l’écriture romanesque burkinabè

L’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) a abrité, le lundi 15 décembre 2025 dans l’après-midi, la soutenance publique de thèse de Kambouélé Nourkoum, en vue de l’obtention du Doctorat unique en Lettres modernes. À l’issue de la présentation de ses travaux, le candidat a obtenu la mention « Très honorable » et a été élevé au grade de docteur.

Placée sous l’égide de l’École doctorale des Lettres, Sciences humaines et de la Communication (ED-LE.SH.CO), la soutenance s’est tenue dans la salle CPU de l’université Joseph Ki-Zerbo, en présence d’enseignants-chercheurs, d’étudiants et de proches du candidat.

Intitulée « Dynamiques des particularismes linguistiques dans l’écriture romanesque de Samuel Millogo et de Monique Ilboudo : fondements sociolinguistiques et stylistiques, perspectives lexicographiques et didactiques », la thèse analyse les formes d’appropriation du français dans le roman burkinabè à travers une double approche, masculine et féminine, en s’appuyant sur les œuvres de Samuel Millogo, écrivain, et de Monique Ilboudo, écrivaine.

Le candidat Kambouelé a analysé les particularismes linguistiques dans les romans burkinabè à travers des romans de deux Burkinabè que sont Monique Ilboudo et Samuel Millogo
Le candidat Kambouelé a analysé les particularismes linguistiques dans les romans burkinabè à travers des romans de deux Burkinabè que sont Monique Ilboudo et Samuel Millogo

Dans sa présentation, le candidat a rappelé que le Burkina Faso, à l’instar de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, a hérité de la langue française à la suite de la colonisation.

Aujourd’hui, cette langue occupe une place centrale dans les échanges officiels, éducatifs et médiatiques. Toutefois, son usage quotidien par les Burkinabè se distingue par des spécificités linguistiques influencées par les langues nationales.

C’est cette réalité sociolinguistique que le doctorant a souhaité interroger, en analysant les particularismes linguistiques présents dans l’écriture romanesque burkinabè, aussi bien chez un auteur masculin que chez une auteure féminine. L’étude vise notamment à démontrer la représentativité de ces particularismes, à en identifier les types et à analyser la variété de français ainsi que le style qu’ils traduisent.

S’inscrivant dans le champ des sciences du langage, la recherche met en évidence des particularismes sémantiques et stylistiques, tels que des glissements de sens, des extensions lexicales et des créations linguistiques, révélateurs de la culture et des pratiques langagières locales. L’analyse, appuyée par une méthode statistique, permet une approche comparative des différents types de particularismes observés dans les deux œuvres étudiées.

Kambouélé Nourkoum par ailleurs grammairien ambitionne de proposer des perspectives didactiques pour l’enseignement du français au Burkina Faso

Une recherche aux enjeux éducatifs et culturels

À travers cette étude, Kambouélé Nourkoum par ailleurs grammairien ambitionne de proposer des perspectives didactiques pour l’enseignement du français au Burkina Faso. Il envisage notamment l’intégration de ces particularités linguistiques dans les pratiques pédagogiques, en vue d’une didactique plus inclusive et contextualisée, prenant en compte les réalités socioculturelles nationales. « Ces travaux pourraient également contribuer à l’élaboration de dictionnaires d’identité linguistique, valorisant les formes locales du français et leur ancrage culturel », a-t-il indiqué.

Présidant le jury, le Professeur titulaire Joseph Paré a souligné que la thèse met en lumière la complexité de la relation des Africains francophones à la langue française, héritée de la colonisation mais devenue un moyen d’expression et de représentation du monde. Il a insisté sur le fait que les Africains francophones ne sont pas de simples locuteurs du français, mais entretiennent une relation dynamique et complexe avec cette langue.

À l’instar des autres membres du jury, le président a également salué l’analyse rigoureuse des notions de francophonie et de particularisme linguistique, rappelant que la francophonie ne saurait être perçue comme une entité homogène.

Le travail du candidat Kambouelé a été salué par le jury

De son côté, Kaboré/Bonkoungou R. Virginie, maître de conférences à l’Université Joseph Ki-Zerbo et examinatrice, a apprécié un travail mettant en avant les pratiques plurilingues et la situation sociolinguistique du Burkina Faso, tout en relevant quelques insuffisances mineures liées à la forme. Elle a toutefois félicité le candidat pour la qualité scientifique de sa recherche et sa contribution à la valorisation des langues et de la littérature nationales.

Une reconnaissance académique méritée

Le candidat a exprimé sa gratitude à l’endroit des enseignants, des institutions et de ses proches qui l’ont accompagné tout au long de ses années de recherche, soulignant l’importance des échanges scientifiques et du soutien humain.

À l’issue des délibérations, le document de thèse a été jugé recevable et Kambouélé Nourkoum a été élevé au grade de docteur, avec la mention « Très honorable », consacrant ainsi plusieurs années de recherche au service de la linguistique et de la littérature burkinabè.

Mireille Bailly

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