VBG : Voix de Femmes mise sur les leaders communautaires pour faire avancer la lutte

À travers une rencontre organisée ce jeudi 07 mai 2026 à la Maison de la Femme de Ouagadougou, l’ONG Voix de Femmes a sensibilisé des leaders communautaires, coutumiers et religieux aux litiges d’impact stratégique dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG). L’association veut faire de certains dossiers de véritables leviers de réforme sociale et juridique au Burkina Faso.

À l’heure où les Violences Basées sur le Genre (VBG) et les Violences Sexuelles et Sexistes (VSS) continuent de fragiliser des milliers de femmes et de filles au Burkina Faso, l’ONG Voix de Femmes veut changer d’approche. En effet, au-delà de la prise en charge individuelle des victimes, l’organisation mise désormais sur les litiges stratégiques pour provoquer des changements durables dans la société.

Selon les données présentées au cours de la rencontre, plus de 5 300 cas de VBG ont été officiellement pris en charge en 2025 par les organisations partenaires, tandis que plus de 24 600 femmes et filles ont fréquenté des espaces sûrs pour bénéficier de protection et d’accompagnement. Des chiffres qui traduisent la persistance du phénomène malgré les efforts de prévention et de réponse.

Une vue du présidium à la cérémonie d’ouverture de la rencontre consacrée à la sensibilisation des leaders communautaires, coutumiers et religieux à la lutte contre les VBG

Pour la Présidente du Conseil d’Administration (PCA) de Voix de Femmes, Mariam Lamizana, les violences faites aux femmes prennent plusieurs formes : coups et blessures, mariages forcés ou précoces, mutilations génitales féminines, harcèlement sexuel, viols, expulsions du domicile conjugal ou encore féminicides.

« Ces violences fragilisent non seulement les femmes et les filles, mais elles ont également des conséquences désastreuses sur la santé, la cohésion sociale et le respect des droits humains », a-t-elle affirmé.

Face à cette réalité, l’organisation entend utiliser le litige stratégique comme levier de réforme sociale et juridique. L’objectif est de transformer certaines affaires en outils de plaidoyer capables d’influencer les lois, les pratiques institutionnelles et les comportements sociaux.

Voix de femmes souhaite avoir l’implication des leaders communautaires, coutumiers et religieux dans la lutte contre les VBG

Arlette Ouédraogo, intervenante au cours de la rencontre, explique que la multiplication des cas de violences montre aujourd’hui les limites des réponses classiques. « Les cas de VBG semblent se multiplier sans cesse. À chaque fois qu’on en traite un, d’autres surgissent, comme une mauvaise herbe qui repousse malgré les efforts », a-t-elle illustré.

Selon elle, les litiges stratégiques permettent d’aller au-delà du traitement individuel des dossiers. « Certains cas, lorsqu’ils sont pris en charge de manière stratégique, peuvent dépasser la seule dimension individuelle et devenir de véritables leviers de changement pour toute la société », a-t-elle soutenu.

Imam Abdoul Salam Ouédraogo, représentant des leaders religieux

Concrètement, cette approche consiste à engager des actions judiciaires autour de cas symboliques tout en menant des activités de sensibilisation, de plaidoyer et de mobilisation sociale afin d’obtenir des réformes bénéfiques à l’ensemble des victimes confrontées aux mêmes violences. Dans cette démarche, Voix de Femmes accorde une place centrale aux autorités religieuses et coutumières dont l’influence reste déterminante dans les communautés.

Présent à la rencontre, l’imam Abdoul Salam Ouédraogo, représentant des leaders coutumiers a salué l’initiative et rappelé le rôle des guides religieux dans la prévention des violences. « La voix des coutumiers et des religieux compte beaucoup au sein de notre société. À travers les temples, les églises et les mosquées, des sensibilisations sont faites lors des prêches et des messes afin d’amener les populations à comprendre les conséquences des violences basées sur le genre », a-t-il indiqué.

Les participants à cette rencontre ont assuré de leur pleine implication dans la lutte contre les VBG

Pour lui, la lutte contre les violences passe également par le bien-être psychologique et émotionnel des individus. « Il faut être en bonne santé émotionnelle et psychologique pour pouvoir s’épanouir et contribuer positivement à la société », a-t-il insisté.

À travers cette rencontre, l’association souhaite bâtir un cadre de collaboration durable avec les leaders communautaires afin de renforcer l’identification des cas pertinents, améliorer les mécanismes de référencement et favoriser une meilleure acceptabilité sociale des actions judiciaires engagées.

Intervenant déjà dans 13 provinces réparties dans 7 régions du Burkina Faso malgré le contexte sécuritaire difficile, Voix de Femmes entend ainsi faire du litige stratégique, non seulement un outil juridique, mais aussi un instrument de transformation sociale au service des droits des femmes et des filles.

Par Mireille BAILLY

Espoir Info

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