Falsification de cartes d’abonnement : Les trois étudiants condamnés à payer 500 000 FCFA à la SOTRACO

Le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a rendu son verdict, le vendredi 3 juillet 2026, dans l’affaire impliquant trois étudiants poursuivis pour faux et usage de faux en écriture publique. Les prévenus, désignés sous les noms d’emprunt Ali, Paul et Noaga, ont été reconnus coupables d’avoir falsifié des cartes d’abonnement mensuel de la Société de transport en commun (SOTRACO).

Selon les éléments du dossier, les trois étudiants avaient recours à un procédé consistant à scanner des cartes d’abonnement arrivées à expiration, puis à modifier leurs dates de validité à l’aide d’outils numériques. Les cartes ainsi altérées étaient ensuite utilisées comme si elles étaient toujours valides dans les bus de la SOTRACO.

Des aveux à la barre

À l’audience du 19 juin 2026, Ali avait reconnu les faits. Il avait expliqué avoir agi en raison de difficultés financières qui l’empêchaient de renouveler son abonnement.

« J’avais une session de rattrapage à composer. Je n’avais pas l’argent pour renouveler ma carte. C’est lors d’un exercice avec ChatGPT que j’ai essayé et ça a marché. J’ai pu utiliser la fausse carte d’abonnement pendant deux semaines pour me rendre au campus », avait-il déclaré.

Paul avait également reconnu avoir falsifié sa propre carte, affirmant avoir découvert cette méthode au cours de manipulations effectuées avec l’application ChatGPT.

De son côté, Noaga avait admis avoir appris cette technique auprès d’Ali. Il avait ensuite modifié la carte d’abonnement d’une étudiante, qui, selon ses déclarations, ignorait que le document était falsifié. Il avait également reconnu avoir encaissé l’argent destiné au renouvellement de l’abonnement avant de remettre une fausse carte à l’intéressée.

Un réseau de fraude contesté

Les trois prévenus avaient rejeté l’idée d’un réseau organisé de fraude. Une version que le conseil de la SOTRACO avait contestée, estimant que les éléments du dossier démontraient l’existence d’une organisation frauduleuse agissant au détriment de la société de transport.

Au cours des débats, l’avocat avait notamment relevé la similitude des versions avancées par les prévenus, s’interrogeant sur le fait qu’ils affirmaient ne pas se connaître alors qu’ils étaient tous en session de rattrapage.

Le ministère public avait, pour sa part, requis contre chacun des prévenus une peine de 60 mois d’emprisonnement dont 12 mois fermes, une amende de 1 000 000 F CFA avec sursis, ainsi que la confiscation des fausses cartes et des téléphones ayant servi à commettre les infractions.

3 ans de prison assortis de sursis pour chacun

Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré les trois étudiants coupables des faits de faux et usage de faux en écriture publique.

En répression, la juridiction les a condamnés chacun à 36 mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une amende ferme de 1 000 000 F CFA.

Sur l’action civile, le tribunal a condamné solidairement les trois prévenus à verser 500 000 F CFA à la SOTRACO à titre de dommages et intérêts. Il a en revanche débouté la société du surplus de ses demandes.

Le tribunal a également fixé la contrainte judiciaire à neuf mois et ordonné la confiscation, au profit du Trésor public, des téléphones portables ayant servi à la commission des faits.

Source: Justice Infos Burkina

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