Burkina Faso : le CICR fait le point de son assistance humanitaire et se projette sur l’avenir

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) poursuit ses interventions auprès des populations affectées par les conflits et les violences au Burkina Faso. Au premier semestre 2026, ses actions ont notamment porté sur l’accès aux soins de santé, l’assistance alimentaire, l’accès à l’eau potable, le soutien à la production agricole et la prise en charge psychologique. Ces résultats ont été présentés aux journalistes le 9 octobre 2026, lors d’un café de presse organisé par une équipe du CICR à sa délégation de Ouagadougou. La rencontre a également permis d’aborder les perspectives pour la fin de l’année et le lancement de la commémoration des vingt ans de présence permanente de l’institution dans le pays.

Selon le bilan établi par le CICR le 1er septembre 2026, 352 984 personnes affectées par la crise ont bénéficié de consultations ou de soins de santé, préventifs, curatifs ou promotionnels, au cours des six premiers mois de l’année. Dans le domaine de l’accès à l’eau, 29 000 personnes, parmi les populations résidentes et les personnes déplacées internes, ont bénéficié d’un meilleur accès à l’eau potable grâce à la réalisation ou à la réhabilitation de points d’eau.

L’assistance alimentaire a également constitué un volet important de l’intervention humanitaire. Le CICR indique que 67 830 personnes ont bénéficié de distributions de vivres, tandis que 7 420 ménages ont reçu des semences vivrières et maraîchères pour soutenir leurs activités agricoles. À travers cet appui, l’organisation entend contribuer à renforcer les moyens de subsistance des familles et leur capacité à répondre à leurs besoins essentiels.

Emeline Yaméogo, coordinatrice Communication et Prévention a fait le bilan des actions humanitaires menées par le CICR au cours du semestre écoulé (Ph : @ Espoir info)

Au-delà de l’aide matérielle, la santé mentale et le soutien psychosocial occupent également une place dans les interventions présentées par l’institution. Dans son bilan semestriel, le CICR rapporte notamment le témoignage d’une mère et de sa fille, profondément éprouvées après une attaque contre leur village. Malgré plusieurs hospitalisations, leur état ne s’améliorait pas. L’orientation de la mère vers le centre Lazare, où elle a bénéficié d’un accompagnement psychologique, a marqué une étape importante dans leur parcours. Les deux poursuivent leur prise en charge et constatent une amélioration de leur état.

Ce témoignage met en lumière une dimension parfois moins visible des crises : les souffrances psychologiques des personnes qui survivent aux violences. Ils sont 1 231 personnes victimes de la violence armée avec des problèmes de santé mentale à recevoir une prise en charge et un soutien psychosocial. En plus, 37 survivantes de violences basées sur le genre ont également été prises en charge par le CICR.

Le Chef de la Délégation du CICR au Burkina Faso, Yves Arnoldy, a assuré que son institution continuera a accompagner le Burkina Faso dans ses actions en faveur des personnes vulnérables (Ph : @ CICR)

La promotion du droit international humanitaire figure également parmi les actions menées. Au cours de la période, 2 589 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS) ont été sensibilisés ou formés à ces règles ainsi qu’aux principes de neutralité et d’impartialité qui guident l’action du CICR.

Lors des échanges avec les journalistes, Emeline Yaméogo, coordinatrice Communication et Prévention, a estimé que ces interventions avaient contribué à renforcer l’autonomie et la résilience des communautés bénéficiaires. Elle a exprimé sa satisfaction au regard des priorités opérationnelles et des besoins observés sur le terrain, tout en rappelant que l’action du CICR complète les efforts du gouvernement et des autres acteurs humanitaires. L’organisation entend poursuivre son accompagnement afin de répondre aux besoins qui demeurent insatisfaits.

Une projection encore plus dynamique pour le reste de l’année

Les journalistes ont été attentifs au cours de cette rencontre (Ph : @ Espoir info)

Les perspectives pour le second semestre s’inscrivent dans cette volonté de maintenir les efforts auprès des communautés. La rencontre a notamment permis de revenir sur la poursuite de la mission humanitaire du CICR et sur l’importance de rester à l’écoute des besoins des populations.

Ce café de presse a également marqué le lancement officiel de la commémoration des vingt ans de présence permanente du CICR au Burkina Faso. Installée de façon permanente dans le pays depuis février 2006, l’institution rappelle que son engagement aux côtés du Burkina Faso remonte à trente ans, à travers notamment sa collaboration avec la Croix-Rouge burkinabè, les autorités et les communautés.

Pour célébrer cet anniversaire, le CICR prévoit une campagne numérique consacrée à des portraits de personnes ayant marqué ces deux décennies, la réalisation d’un film documentaire retraçant les principales étapes de cette présence, ainsi qu’une soirée réunissant des représentants des autorités, du monde académique, du corps diplomatique, des communautés partenaires et des médias.

À travers cette commémoration, l’organisation souhaite tirer les enseignements de son expérience et réfléchir à la manière de rendre son action « plus proche, plus pertinente, plus efficace ». Une ambition qui s’inscrit dans la continuité de son mandat : protéger la vie et la dignité des personnes affectées par les conflits et les violences, tout en poursuivant ses efforts en faveur des communautés vulnérables au Burkina Faso.

Pour rappel, le CICR est une organisation impartiale, neutre et indépendante qui a pour mandat exclusif les vies et la dignité des victimes de conflits et violences internes et leur fournir assistance. Le CICR s’efforce également de prévenir la souffrance par la population et le renforcement du droit et des principes humanitaires universels.

Le Chef de la Délégation du CICR au Burkina Faso, Yves Arnoldy, a affirmé que son institution continuera a accompagner le Burkina Faso dans ses actions en faveur des personnes vulnérables. Il a encouragé les journalistes dans leurs actions pour le droit à l’information et assure que sa structure reste ouverte à accompagner les journalistes dans ce sens, sur les actions humanitaires menées par son institution.

Par Espoir info

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