Burkina Faso : Le CNES et l’ISS veulent opérationnaliser la Stratégie Nationale de Sécurité Climatique

Le Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso (CNES-BF), en partenariat avec l’Institute for Security Studies (ISS), organise les 28 et 29 octobre 2026 à Ouagadougou, un atelier d’échanges et de partage d’expériences sur le nexus climat-paix-sécurité au Burkina Faso. Cet échange est consacré à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Sécurité Climatique du Burkina Faso (SNSC-BF 2025-2029).

Contribuer à l’opérationnalisation de la SNSC-BF en renforçant le dialogue, la coordination institutionnelle et les capacités des acteurs impliqués, c’est l’objectif général de cette rencontre. Selon le Général de Brigade Aimé Barthélemy Simporé, Directeur Général du Centre national d’études stratégiques (CNES), il s’agira de renforcer la compréhension commune du nexus climat-paix-sécurité, d’identifier les défis institutionnels, techniques et financiers qui entravent sa mise en œuvre, et de dégager des pistes d’action concrètes et concertées.

Général de Brigade Aimé Barthélemy Simporé, Directeur Général du Centre national d’études stratégiques (CNES) déclinant les objectifs de l’atelier

En novembre 2023, à l’occasion du premier Forum régional « Climat, Paix et Sécurité au Sahel » tenu à Bamako, le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont engagés à élaborer des stratégies nationales de sécurité climatique. Cet engagement intervient dans un contexte où les effets du changement climatique accentuent les vulnérabilités au Sahel, avec une hausse des températures moyennes de 0,6 à 0,8°C entre 1970 et 2010 et une dégradation progressive des terres et des ressources naturelles.

Si ces transformations ne constituent pas, à elles seules, des causes directes de conflits, elles peuvent aggraver les vulnérabilités existantes et créer des conditions favorables à l’instrumentalisation des tensions par des groupes terroristes. Trois ans après le forum de Bamako, le Burkina Faso a franchi une étape majeure en adoptant, en juillet 2025, sa Stratégie Nationale de Sécurité Climatique (SNSC-BF, 2025-2029), devenant ainsi le premier pays de l’AES à disposer de cet outil.

Dr Sampala Fatimata Balima, Directrice générale adjointe du centre national d’études stratégiques

Pour le Directeur Général de du CNES, l’adoption de la stratégie constitue un point de départ plutôt qu’un aboutissement. L’enjeu principal demeure désormais son opérationnalisation. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’atelier des 28 et 29 octobre. Il réunit les principaux acteurs institutionnels et non étatiques concernés par les enjeux de sécurité, de climat, d’environnement et de gestion des ressources naturelles.

« La sécurité climatique est un enjeu majeur et surtout transversal », selon Dr Sampala Fatimata Balima, Directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques. « Le Burkina a adopté de manière souveraine sa stratégie nationale après l’engagement de Bamako, et cet atelier CNES-BF/ISS vise à évaluer où nous en sommes, identifier les contraintes de mise en œuvre et les leviers, le Burkina étant le premier État à l’avoir adoptée et donc en position de leadership. », rappelle-t-elle.

Fahiraman Rodrigue KONE Chef du Projet Sahel de l’ Institut. B’études de sécurité (ISS)

Selon le Général de Brigade Aimé Barthélemy Simporé, quatre résultats sont attendus à l’issue des travaux. Il s’agit d’ « une compréhension commune du nexus, un diagnostic partagé de l’état de mise en œuvre de la stratégie, l’identification des principaux défis de coordination et de partage de données, et la proposition d’un ensemble de pistes d’action prioritaires en matière de coordination, de renforcement de capacités et de financement. »

Pour y parvenir, l’atelier adoptera une démarche participative. Le premier jour est consacré à un diagnostic institutionnel à travers trois secteurs : sécurité-défense, environnement-climat et agriculture-élevage. Le second jour permettra de passer du diagnostic à l’identification de solutions, en s’appuyant sur des expériences d’acteurs non étatiques et des travaux de groupe autour de la coordination, des données, des capacités et du financement.

Une vue des participants à l’atelier

Pour sa part, Fahiraman Rodrique Koné, Chef du Projet Sahel de l’Institute for Security Studies (ISS), a confié que l’ISS est en partenariat avec le CNES-BF depuis 2023 et accompagne cette problématique qui est au cœur des enjeux sécuritaires actuels et futurs de l’Afrique de l’Ouest et du Burkina Faso. « Des spécialistes dans le domaine prévoient que d’ici la fin du 21e siècle, la région du sahel va se réchauffer de 3 à 6 degrés, ce qui sera énorme et cela va impacter véritablement notre quotidien. On ne va pas le ressentir comme on le ressent en terme de chaleur ou en terme d’inondation mais cela va directement impacter nos ressources », confie-t-il.

L’atelier regroupe une quarantaine de participants issus des structures étatiques, des organisations non gouvernementales, des journalistes spécialisés sur le climat et du secteur privé.

Une photo de famille à l’issue de la cérémonie d’ouverture de l’atelier

Rebecca Gounabou (Stagiaire)

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