L’Ordre des Ingénieurs en Génie Civil du Burkina Faso (OIGC-BF) a organisé ce vendredi 23 octobre 2026 à Ouagadougou, une rencontre d’échanges et d’informations à travers un déjeuner de presse, autour des enjeux du génie civil. Placée sous le thème « Au cœur de la qualité des constructions: la responsabilité des ingénieurs en génie civil », cette rencontre a permis à l’ordre d’alerter sur le foisonnement de faux professionnels du métier, qui pourraient mettre la vie des populations en danger à travers des ouvrages de peu de qualité.
Bâtir des ouvrages de qualité, c’est protéger la vie des populations et rationnaliser les dépenses. Mais cela demande l’implication d’ingénieurs compétents. En conférence de presse ce vendredi, l’Ordre des Ingénieurs en Génie Civil du Burkina Faso (OIGC-BF) a invité les populations à savoir choisir leur ingénieur pour leurs différents travaux de construction. Il faudra, selon les conférenciers, s’assurer que l’ingénieur est bien inscrit au tableau de l’Ordre. Pour ce faire, les conférenciers conseillent aux populations de vérifier que le nom de l’ingénieur figure sur la liste officielle publiée chaque année.
Ce tableau est consultable sur le site internet de l’Ordre, sur sa page Facebook ou directement à son bureau à Ouaga 2000. « Ne vous fiez pas à une simple carte de visite ou à la réputation », conseille Honoré Ousmane Ouédraogo, président du Conseil de l’OIGC-BF. L’Ordre insiste aussi sur deux points de vigilance pour le maître d’ouvrage. D’abord, s’assurer que les études et le suivi-contrôle sont bien confiés à un professionnel habilité. Ensuite, exiger pour un ingénieur-conseil qu’il présente une police d’assurance en cours de validité. C’est la loi qui l’impose, à entendre les conférenciers du jour.

La loi est stricte. En effet, l’article 8 de la loi de 2012 interdit à toute personne non inscrite d’exercer. L’article 68 précise que c’est de l’exercice illégal si on exerce sans être au tableau ou sans assurance valide pour un ingénieur-conseil. Les sanctions sont lourdes : selon l’article 69, d’un à cinq ans de prison et une amende de 300 000 à 1 500 000 FCFA, avec en plus la fermeture du local ou la confiscation du matériel. Les entrepreneurs qui utilisent ces faux ingénieurs sont aussi punissables. L’article 70 prévoit 600 000 à 2 millions FCFA d’amende pour celui qui continue un chantier sur la base d’un plan non contrôlé malgré un avertissement de l’Ordre, ou qui emploie sciemment un usurpateur.
Honoré Ousmane Ouédraogo rappelle que la qualité d’un ouvrage ne se mesure à pas à son apparence. « Sa qualité se prépare dès les études et se confirme par des suivis rigoureux des travaux », indique-t-il. A travers cette conférence, l’Ordre veut défendre ses membres et contribuer à assainir le milieu afin de répondre convenablement aux exigences des maitres d’ouvrages.
Pour l’OIGC-BF, créé par la loi n°020-2012/AN du 10 mai 2012 et qui compte aujourd’hui plus de 1 000 ingénieurs inscrits, défendre l’ingénieur c’est défendre la population. « Défendre l’ingénieur ici, c’est défendre la sécurité de nos concitoyens », a martelé le président de l’ordre. Il affirme que les études de sol, les calculs de structure et le suivi du chantier ne sont pas une dépense de plus, mais l’assurance que l’investissement qui a été fait ne s’écroulera pas. Cela permettra de mettre votre famille en sécurité.
L’Ordre rappelle que la sécurité est l’affaire de tous. A en croire les conférenciers du jour, un bâtiment sûr, en plus de l’implication de l’ingénieur, doit prendre aussi en compte le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre, l’entreprise, les laboratoires et les services de contrôle qui assument chacun leur part. C’est pourquoi, le président du conseil demande aux médias de bien informer les populations sur la question. « Une information exacte protège les populations. Une information approximative sème la confusion », estime Ousmane Honoré Ouédraogo.
Pour mieux se faire connaître et renforcer ses actions dans le domaine de la construction au Burkina Faso, l’Ordre a en perspective l’organisation en 2027, des Journées scientifiques de l’ingénieur en génie civil de l’AES, avec le Mali et le Niger. Ces journées permettront également de réfléchir à des normes de construction adaptées aux réalités sahéliennes.
Par Espoir info
Rebecca Gounabou (Stagiaire)


