Mariam Lamizana, présidente de l’ONG Voix de Femmes, célèbre son 75e anniversaire ce 26 juillet 2026. Une célébration qui a été faite dans une ambiance empreinte d’émotion et de reconnaissance. À l’initiative de l’équipe jeune de l’organisation, cette célébration surprise a réuni de nombreux jeunes venus rendre hommage à cette figure emblématique de la défense des droits des femmes au Burkina Faso. Entre témoignages de gratitude et appel à la relève, « Mami » ou « Tata », des noms affectueusement donnés à cette militante des droits de de femmes par les jeunes, a réaffirmé sa confiance en la jeunesse pour poursuivre le combat en faveur d’une société plus juste et égalitaire.
À l’origine de cette initiative, l’équipe jeune de Voix de Femmes, mise en place par Mariam Lamizana elle-même. Pour sa présidente, Dr Djénébou Aladé/Lamizana, pharmacienne de profession, cet anniversaire constituait l’occasion de traduire « toute notre reconnaissance, notre gratitude et notre amour » à celle qui a cru en la jeunesse et lui a donné les moyens de poursuivre son œuvre.

La forte mobilisation des jeunes témoigne, selon elle, de l’empreinte laissée par la fondatrice de l’association. « Elle a inculqué des valeurs de travail, d’abnégation, de courage et de résilience », a-t-elle souligné, estimant que cet engagement collectif reflète l’admiration qu’inspire Mariam Lamizana auprès des nouvelles générations.
Revenant sur plusieurs décennies de militantisme, la présidente de Voix de Femmes s’est réjouie des progrès enregistrés dans la promotion des droits des femmes. Elle a notamment salué une prise de conscience nationale sur ces questions, la mobilisation croissante des femmes, l’engagement des autorités ainsi que l’existence de politiques publiques et de textes juridiques renforçant leur protection.

« Aujourd’hui, la question des droits des femmes n’est plus une question taboue. C’est une question posée à la conscience nationale à laquelle tout le monde répond », a-t-elle déclaré.
Malgré ces acquis, Mariam Lamizana estime que des défis persistent. Elle cite notamment le poids des pesanteurs socioculturelles, les conséquences de la crise sécuritaire sur les femmes, ainsi que la nécessité de mieux expliquer certaines réformes sociétales afin d’éviter les incompréhensions. Pour elle, l’accompagnement des leaders coutumiers et traditionnels demeure essentiel pour renforcer les actions de sensibilisation.
Évoquant le rôle des femmes dans la société, elle a rappelé leur contribution à la cohésion sociale et à la construction de la paix. Selon elle, les femmes sont, dès la cellule familiale, des actrices majeures de l’éducation, de la stabilité et de la solidarité, des valeurs indispensables au développement du pays.

S’adressant aux jeunes femmes appelées à poursuivre cette lutte, Mariam Lamizana a insisté sur la nécessité de s’engager avec conviction et persévérance. « Le premier conseil, c’est la conviction. Une fois qu’on est convaincu, on s’engage. Une fois qu’on s’engage, on reste déterminé malgré les difficultés », a-t-elle affirmé, rappelant que la promotion des droits des femmes est « un travail de longue haleine » qui se transmet de génération en génération.
Très émue par l’hommage qui lui a été rendu, la militante a confié avoir été profondément surprise par cette initiative. Elle y voit le signe que les valeurs de solidarité, de fraternité et d’esprit de famille qu’elle a toujours défendues au sein de Voix de Femmes ont été assimilées par les jeunes.
« Voir ces jeunes présents aujourd’hui me fait croire que ce que j’ai voulu semer a été atteint. Voix de Femmes leur appartient désormais. Nous allons passer le flambeau pour qu’ils poursuivent et aillent encore plus loin », a-t-elle conclu, exprimant le souhait de voir émerger une génération toujours plus engagée au service des droits des femmes et du développement du Burkina Faso.
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