Burkina/Cohésion sociale: la Commission épiscopale justice et paix jette un regard sur le foncier

La Commission épiscopale justice et paix du Burkina, dans son souci de travailler à la cohésion sociale, a lancé, ce mercredi 25 février 2026, à Ouagadougou, un forum sur le foncier qui est à la base de nombreux conflits entre les citoyens et les communautés. Durant trois jours, les participants, une centaine de personnes d’environ de différentes sensibilités, vont examiner la problématique autour du thème: « Foncier et cohésion sociale : quelle contribution de la société civile dans un contexte de réformes ? ».

Le foncier rural qu’urbain fait face à plusieurs défis: en milieu rural, les conflits fonciers deviennent de plus en plus nombreux au Burkina; ils représentent même les principaux conflits entre les communautés. Du 25 au 27 février 2026, la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina réuni, au Centre National Cardinal Paul Zoungrana de Ouagadougou, un cadre de dialogue multi acteurs sur le thème : « Foncier et cohésion sociale : quelle contribution de la société civile dans un contexte de réformes ? ».

Une cérémonie d’ouverture marquant le lancement des travaux de la rencontre a été organisée à cet effet dans la matinée de ce mercredi 25 février. Selon Mgr Alexandre Yikyi Bazié, Administrateur apostolique du diocèse de Koudougou et président de la Commission épiscopale épiscopale justice et paix, eu égard à la situation qui prévaut au Burkina Faso et de son histoire également, la répartition et la gestion de la terre a été de tout temps au centre des débats conflictuels. « Alors on peut dire que les problèmes qui se posent sont liés soit à la culture, soit à l’administration, soit à l’expertise dans la gestion de certains conflits qui naissent du foncier. Nous le savons très bien, un grand nombre des conflits vient de la gestion du foncier », a déclaré Mgr Bazié.

Raison pour laquelle, il pense qu’il est important aujourd’hui de mettre un rapport entre la cohésion sociale et la question sécuritaire, et toutes les réformes qui sont entreprises au niveau de l’Etat pour pouvoir résorber ces questions là, pour pouvoir trouver des solutions qui contribuent à la cohésion sociale, à la paix, à la justice.

« Il y a une Justice foncière qui doit être accessible à tous. C’est pour cela qu’il faut beaucoup de transparence, de lisibilité dans les réformes qui sont entreprises », a-t-il signifié,. Pour lui, il n’est pas évident que les collectivités locales rurales puissent s’apprivoiser des textes , de les comprendre et mieux percevoir les solutions idoines qui sont proposées par exemple par l’Etat. « Alors aujourd’hui, la nécessité d’un tel forum s’impose suite à un autre que notre commission avait portée en avril 2021 », a-t-il soutenu.

Ce deuxième forum vient cinq ans après le premier organisé par la Commission épiscopale justice et paix. Il a pour objectif de mettre en relief, mettre en rapport la question de la cohésion sociale et celle sécuritaire pour qu’il en jaillisse des mesures, des dispositions qui puissent aider tous les citoyens du Burkina Faso à appréhender la question foncière avec toute la sérénité. La rencontre doit également permettre aux acteurs d’avoir accès à la justice et avec les dispositions prises dans ce sens.

Mgr Alexandre Bazié s’est réjoui du fait que la question de l’accès des jeunes et des femmes sera traitée au cours d’un panel. Il a souligné que la thématique abordée correspond également aux convictions profondes de l’église famille de Dieu qui se bat pour le bien commun, pour la dignité de la personne, pour la justice sociale, foncière, environnementale, etc.

Selon les organisateurs de cette réunion, ce forum s’inscrit dans l’initiative du Suivi Citoyen des Politiques Foncières (SCPF), elle même intégrée au programme FASOVEIL, piloté par le Laboratoire Citoyennetés et la Fondation Hirondelle.

Dans le cadre de la mise en œuvre de ses différents projets, la CJP-Burkina s’est intéressée à la problématique de la gouvernance foncière. En effet, les défis de la bonne gouvernance foncière sont perceptibles, au regard des différents rapports publiés au plan national et des données primaires de la CJP-Burkina. Cet état de fait est exacerbé par la situation sécuritaire au Burkina Faso. La superficie du Burkina Faso est en jeu : les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) accomplissent une mission de reconquête du territoire.

Pour y parvenir, elles doivent mobiliser des terres pour la construction de casernes. A cela s’ajoute les déplacements massifs de populations, entrainant une forte pression foncière. Aussi, l’activité minière nécessite-t-elle la mobilisation de grandes superficies et, quelque fois, la détérioration des terres.

La Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina (CJP-Burkina) est une association à but non lucratif, créée par les Evêques du Burkina en mai 2003 et reconnue par récépissé n° 11129, renouvelé le 03 novembre 2023. Elle a pour domaine d’intervention la paix, les droits humains, la justice et la cohésion sociale.

Par Espoir Info

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