La Côte d’Ivoire et le Ghana entendent parler d’une seule voix sur la question des prix du cacao. Réunis ce mardi lors du Sommet de Haut Niveau sur l’« Initiative cacao » Côte d’Ivoire-Ghana, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont pris plusieurs décisions majeures, dont l’harmonisation des politiques de prix bord champ appliquées dans les deux pays.
Cette mesure vise à garantir une meilleure rémunération des producteurs et à renforcer la stabilité de la filière cacaoyère dans les deux principaux pays producteurs mondiaux de cacao.
Les deux chefs d’État ont estimé qu’une approche concertée sur les prix constitue un levier essentiel pour construire une économie cacaoyère plus juste, plus forte et plus durable. L’objectif est également d’éviter les disparités susceptibles d’affecter les producteurs et les marchés des deux pays voisins.

Au-delà de l’uniformisation des politiques tarifaires, les dirigeants ivoirien et ghanéen ont réaffirmé leur volonté d’accroître la création de valeur ajoutée à travers une transformation plus importante du cacao sur le continent africain. Ils souhaitent ainsi permettre aux pays producteurs de tirer davantage profit de leur matière première.
Le sommet a également acté la volonté d’élargir cette initiative stratégique à d’autres pays africains producteurs de cacao. Une démarche qui pourrait renforcer le poids de l’Afrique dans la gouvernance mondiale de la filière et dans les discussions relatives aux prix du cacao.
À travers cette nouvelle orientation, Abidjan et Accra ambitionnent de mieux protéger les intérêts des producteurs, tout en consolidant leur leadership au sein d’un secteur dont dépend une part importante de leurs économies respectives.

Pour rappel, cette volonté d’harmoniser les prix intervient dans un contexte marqué par de fortes fluctuations du marché du cacao. En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, le prix bord champ du cacao avait atteint un niveau historique de 2 800 FCFA le kilogramme à l’ouverture de la campagne principale 2025-2026, contre 2 200 FCFA lors de la précédente campagne. Cette hausse avait été saluée par les producteurs comme une avancée majeure pour leurs revenus. Cependant, face à la chute des cours mondiaux observée depuis la fin de l’année 2025, les autorités ivoiriennes ont revu le prix garanti de la campagne intermédiaire à 1 200 FCFA le kilogramme.
Dans ce contexte, l’initiative portée par la Côte d’Ivoire et le Ghana vise non seulement à rapprocher les politiques de fixation des prix, mais aussi à offrir une meilleure stabilité aux producteurs. Les deux pays espèrent ainsi réduire les distorsions de marché, lutter contre les mouvements de contrebande liés aux écarts de prix et garantir une rémunération plus équitable aux millions de familles qui vivent de la culture du cacao.
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