Au Rwanda, les autorités renforcent la lutte contre les boissons alcoolisées frelatées après une série d’intoxications qui a causé au moins 44 décès entre janvier et juin 2026. Selon le ministère de la Santé, plusieurs centaines de personnes ont également été prises en charge, certaines ayant développé de graves complications, notamment des troubles de la vision pouvant aller jusqu’à la cécité.
C’est un phénomène quelque peu atypique. Des boissons frelatées ont causé la mort de 44 personnes au Rwanda. Le ministre de la Santé, Sabin Nsanzimana, a même qualifié la situation d’« épidémie ». Les autorités attribuent ces intoxications à des boissons fabriquées ou distribuées en dehors des normes sanitaires. A les en croire, certaines préparations pourraient notamment contenir du méthanol ou d’autres substances chimiques dangereuses, susceptibles de provoquer des intoxications sévères, des lésions neurologiques, des atteintes des organes, la cécité et, dans les cas les plus graves, la mort.
Face à cette situation, la Police nationale rwandaise a lancé le 20 juillet 2026 une campagne de sensibilisation baptisée « Si zo zawe, zange », traduite par « Ce ne sont pas les vôtres, refusez-les ». Cette initiative vise à alerter les consommateurs sur les dangers liés aux boissons dont l’origine et les conditions de fabrication ne sont pas garanties, tout en renforçant la lutte contre les circuits clandestins.
Mais le fonctionnement du dispositif de contrôle fait lui-même l’objet d’interrogations. En novembre 2025, un inspecteur de la Rwanda FDA et une productrice de boissons alcoolisées avaient déjà été arrêtés dans une affaire présumée de corruption. Selon le Rwanda Investigation Bureau, l’inspecteur était soupçonné d’avoir demandé et reçu des paiements afin de permettre à une entreprise d’échapper à certaines exigences réglementaires.
Cette crise met ainsi en évidence les risques sanitaires liés à la circulation de boissons alcoolisées non conformes. Pour les autorités rwandaises, la lutte repose désormais sur un double dispositif : renforcer les contrôles et les mesures contre les producteurs clandestins, tout en sensibilisant les consommateurs afin qu’ils évitent les produits dont la sécurité n’est pas garantie.
Espoir info


