Le Centre d’étude et de recherches appliquées en finances publiques (CERA-FP) a tenu, un atelier de restitution de trois études sur la gouvernance locale, le mardi 30 juin 2026, à Ouagadougou. Il s’agit du Code général des collectivités territoriales, du financement de la décentralisation et du rapport alternatif citoyen. En termes de gouvernance locale, « le Burkina Faso est dans une dynamique de refondation », a résumé le Secrétaire exécutif du CERA-FP, Hermann Doanio, saluant le fait que malgré la « crise sécuritaire sans précédent, il y a eu un sursaut au niveau de l’Etat ».
Dans le cadre de ses activités de promotion de la bonne gouvernance économique et locale, le Centre d’étude et de recherches appliquées en finances publiques (CERA-FP) a mené des recherches pour statuer sur un certain nombre de réformes majeures mais également pour faire l’état des lieux. La première étude visait à comprendre le Code général des collectivités territoriales (CGDC) adopté le 30 décembre 2025, ses innovations majeures mais aussi ses implications pour la société civile, pour l’Etat et pour les collectivités territoriales. La deuxième enquête a porté un regard rétrospectif sur le financement de la décentralisation. La troisième étude, le rapport alternatif citoyen a été la résultante des deux premières études et d’autres études secondaires.

Selon le Secrétaire exécutif (SE) du CERA-FP, Hermann Doanio, il ressort brièvement de la première étude que « la situation éprouvante où se trouvaient nos collectivités avec la prévalence d’une crise sécuritaire sans précédent, il y a eu quand même un sursaut au niveau de l’Etat pour refonder justement la décentralisation et la gouvernance locale avec l’adoption de ce Code général des collectivités territoriales qui évoque un certain nombre de réformes majeures, des réformes qui ont appelé à une volonté politique affirmée, à un leadership au sommet de l’état, mais aussi à un courage politique sans précédent ».
La réforme du Code général des collectivités territoriales (CGDC) est un peu venue pour baliser l’intervention dans les collectivités territoriales. M. Doanio a notamment fait cas du classement des collectivités par niveau de recettes recouvrées, du cadre de participation citoyenne plus renforcé à travers les assemblées locales qui seront mises en place. Il a aussi évoqué le cadre de redevabilité qui est plus renforcé à travers l’obligation faite aux collectivités territoriales de rendre compte deux fois dans l’année et puis de la réinvention du financement des collectivités territoriales à travers le recours à la mobilisation communautaire pour faire participer les citoyens au-delà de l’aspect pécuniaire.

« C’est-à-dire que si les populations peuvent apporter de la main d’oeuvre, des agrégats, cela pour construire, pour réaliser des infrastructures, le Code le permet désormais et c’est ce que nous nous saluons », évoquant également le caractère participatif de la gestion locale qui est désormais consacrée à travers ce nouveau texte.
Au niveau de la deuxième étude, les experts du CERA-FP se sont rendus compte que depuis 2021, il y a eu certes des efforts mais avec le contexte sécuritaire difficile, il y a eu également des goulots d’étranglements qui ont provoqué la chute des recettes propres des communes de façon générale. « Il y a eu également au niveau des transferts de l’Etat, des suspensions que ce soit sur les transferts en accompagnement de compétences sur les dotations globales accordées aux collectivités mais aussi sur le fond minier de développement. Bien sûr, les raisons sont multiples, ce qui justifie donc ces suspensions ».

« Mais avec le nouveau Code, on a travaillé justement à régler ces questions pour que désormais les collectivités puissent être lancées sur une véritable trajectoire de financement. Le financement n’a pas beaucoup suivi sur ces cinq dernières années mais il est en train d’être repensé pour pouvoir asseoir une fiscalité locale assez solide pour permettre à ces collectivités de faire appel à la diaspora pour financer les actions de développement mais aussi au secteur privé à travers des contrats publics privés », a signifié le SE de CERA-FP.
Pour lui, la question qui est la plus intéressante, c’est la péréquation entre les collectivités territoriales afin que les partenaires n’interviennent plus selon leurs préférences mais qu’ils passent par le Fonds Permanent pour les Collectivités Territoriales (FPCT), le mécanisme national mis en place par l’Etat pour « intervenir au niveau des collectivités de sorte à assurer une solidarité nationale entre les communes qui ont plus de ressources et les communes les plus fragiles ».

Le Centre qui a fait de la bonne gouvernance locale son cheval de bataille a ensuite questionné la perspective de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Il s’est rendu compte que le Mali a des dispositions qui peuvent permettre également à l’Etat burkinabè de les appliquer au contexte dans lequel le pays vit. « C’est le fait de renforcer les capacités humaines de la collectivité », a précisé leur premier responsable, Hermann Doanio.
La troisième étude est un rapport alternatif de suivi qui révèle que dans le cadre de la gouvernance économique, l’Etat a fait des acquis assez importants en termes de recouvrement des recettes propres. « On est à un taux de 102% en termes de recouvrement, ce qui est à saluer. L’autre aspect aussi qu’il faut saluer, c’est la poursuite du processus de digitalisation de gestion budgétaire et du patrimoine de l’état qui est également un acquis assez important opéré en 2025 ». Dans la même lancée, « l’Etat a également permis au niveau de la collectivité territoriale d’avoir un cadre juridique plus renforcé à travers le Code générale des collectivités territoriale adoptée », a ajouté M. Doanio.

Selon le secrétaire exécutif du CERA-FP, en termes de gouvernance locale, le Burkina Faso est dans une dynamique de refondation, appelant à veiller à ce que les dispositions du CGDC puissent vraiment être mises en application le plus tôt possible à travers la prise urgente des décrets d’application du nouveau Code.
Les participants à cet atelier sont des acteurs de la société civile qui ont contribué aussi à l’élaboration de ces rapports mais également les acteurs des ministères sectoriels, des directions de coordination des collectivités territoriales, entre autres. Des acteurs des ministères sectoriels tels que l’Education et la Santé ont été aussi invités à ces échanges.
Par Espoir Info


