Burkina: les tisseuses dénoncent « l’inondation des marchés du fil et pagnes tissés importés »

La présidente de la Fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso (FENATI/BF), Pauline Bafiogo/Ouédraogo, a dénoncé « l’inondation des marchés du fil et pagnes tissés importés », à l’ouverture de l’Assemblée générale (AG) ordinaire de l’association, ce vendredi 8 mai 2026, à Ouagadougou. Au cours de la rencontre, les membres de la FENATI/BF venus de toutes les régions du pays se focaliseront sur les bilans (moral et financier) bureau national et des bureaux régionaux ainsi que la validation des programmes d’activités et des budgets 2026 de l’organisation et ses représentation sur le territoire national.

La Fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso (FENATI/BF) a rassemblé, dans la matinée du vendredi 8 mai 2026, ses membres, à son siège sis à Gounghin, un quartier populaire de Ouagadougou, pour prendre à l’Assemblée générale (AG) ordinaire de l’organisation. Venues de toutes les régions du pays, plusieurs dizaines de tisseuses évalueront les activités de leur association réalisées durant l’année 2025.

« Dans l’exécution du programme d’activité de 2025, nous avons traversé vents et marées, des hauts et des bas, nous avons vécu des succès et des échecs mais nous sommes arrivées à bonne destination » malgré le contexte difficile que traverse le Burkina Faso ces dernières années, a planté le décor, la présidente de la FENATI/BF, madame Pauline Bafiogo/Ouédraogo, dans son propos liminaire.

Elle a dans ce sens salué l’engagement des autorités, en particulier le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui, grâce à sa « vision éclairée pour le développement endogène, surtout à l’endroit des tisseuses, a pris des décisions nobles sur le port généralisé du Faso Dan Fani ainsi la lutte contre le fil importé et la contrefaçon », invitant toutes les unions des 17:régions à redoubler plus d’ardeurs dans l’activité du tissage afin d’être plus compétitives sur le marché national et international.

« J’invite l’ensemble des tisseuses du Burkina Faso de voir l’intérêt général du pays et l’apport de notre activité pour le pays en utilisant le fil produit à base de notre coton 100% burkinabè. Avec l’utilisation de notre fil burkinabè nous contribuons à l’amélioration de toute une chaine de valeur, du coton-culteur au couturier. Enfin, chaque responsable du bureau nationale et unions régionale, nous devons être des modèles dans nos fonctions, il faut gérer dans la dignité, la loyauté, la rigueur, la tolérance, le pardon, l’abnégation, la détermination, le don de soi et tout ça dans le respect mutuel », a-t-elle soutenu.

En terme de bilan, la FENATI/BF « a eu à faire des voyages d’échanges, à participer à des foires auxquelles elle a été invitée, a eu aussi à sensibiliser ses membres pour le port du Faso Dan Fani ». « On a eu aussi à sensibiliser nos membres sur le fil importé pour que les gens ne prennent pas le fil de dehors pour faire leurs activités parce que ça ne nous rend pas visibles, a exécuté des commandes de pagnes et diverses prestations », a fait savoir la présidente de la Fédération.

Elle a salué la présence du directeur général de la Filature du Sahel (FILSAH), Abdoulaye Nabolé qui leur a honoré de sa présence. « Moi je peux dire que grâce aux autorités à travers la FILSAH, les prix du fil a diminué. Et maintenant le fil même est disponible alors qu’avant il n’était pas disponible, favorisant la même la rentrée de celui importé », a affirmé Mme Pauline Bafiogo, soutenant que « maintenant que le fil est là, il n’y a plus de rupture, nous on peut dire grand merci à Filsah et à nos autorités ».

Selon Mme Bafiogo, les tisseuses payaient « le fil à 2.500 francs CFA le paquet et le fil en bobine à 6.500 francs. Et maintenant, le fil, le paquet, on peut l’avoir à 2.100 francs et le rouleau, on peut l’avoir maintenant à 6.000 francs au lieu de 6.500 F. Donc on a vu qu’il y a un grand effort qui a été fait », a-t-elle dit.

La secrétaire générale de la FENATI/BF, Germaine Compaoré, s’est appesantie sur les difficultés que leur association rencontre. Elle a noté une « faible organisation des tisseuses dans certaines régions, l’utilisation du fil importé dans certaines régions malgré la sensibilisation et l’interdiction, un manque de formation pour la grande masse des tisseuses non organisées et qui utilisent toujours des produits et fil inadapté selon le cahier de charge du label »

La SG de la FENAT/BF a aussi parlé de « la non adhésion de certaines tisseuses aux structures des tisseuses organisées, l’inondation des marchés du fil et pagnes tissés importés malgré la mesure du gouvernement et la non distinction des consommateurs entre le vrai Faso Dan Fani et le pagne tissé importé ».

Les tisseuses déplorent également la non tenue des évènements comme la Journée du Paysan et le 11-Décembre qui font qu’elles ont perdu de grosses commandes de pagnes, comprenant que le contexte sécuritaire qui en est la cause.

Par Espoir Info

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