L’Afrique doit inscrire le développement du nucléaire dans une stratégie globale de transformation économique et sociale. C’est le plaidoyer formulé par Dr Lassina Zerbo, ancien Premier ministre du Burkina Faso, lors d’une session intitulée « Le nucléaire en Afrique : prendre de l’élan pour l’avenir », organisée dans le cadre du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique.
Dans son intervention, Dr Lassina Zerbo a estimé que le parcours du continent dans le domaine nucléaire ne devait pas se limiter à la construction de centrales. Il doit également permettre de bâtir des capacités humaines, de renforcer les institutions et de créer les conditions d’un développement durable.
Pour y parvenir, il préconise de s’appuyer sur l’approche par étapes de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Celle-ci implique notamment de former des ingénieurs, des techniciens et des régulateurs avant la construction des réacteurs, tout en travaillant à renforcer la confiance des populations envers cette technologie.

La coopération régionale constitue également, selon lui, un facteur déterminant. « Aucun pays africain ne devrait emprunter cette voie seul », a-t-il souligné, mettant en avant le développement des réseaux électriques régionaux, la création de centres de formation communs et la coopération entre les autorités de régulation.
Évoquant les échanges avec Rosatom, Dr Lassina Zerbo a estimé que le nucléaire en Afrique était passé du stade des discussions à celui de la construction. L’enjeu est désormais de passer de la construction à la transformation, afin que cette technologie produise des retombées concrètes pour les populations.
« Veillons à ce qu’il passe désormais de la construction à la transformation : de l’électricité pour nos foyers, la médecine pour nos hôpitaux, des emplois pour nos jeunes et la souveraineté pour le continent », a-t-il déclaré.

Pour l’ancien chef du gouvernement burkinabè, les partenariats avec des acteurs tels que Rosatom Global doivent contribuer à concrétiser ces ambitions. Il s’agit notamment de favoriser l’accès à une électricité fiable, d’améliorer les soins de santé, de créer des emplois qualifiés et de renforcer la souveraineté énergétique africaine.
Au-delà de la construction des infrastructures, Dr Lassina Zerbo invite ainsi les pays africains à inscrire leurs ambitions nucléaires dans une démarche de formation, de coopération et de développement durable, afin que les bénéfices de cette technologie profitent effectivement aux populations.
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