39 personnes sont poursuivies pour des faits d’excision sur une trentaine de victimes. À la barre, le lundi 26 octobre 2026, T.K., une femme âgée d’une soixantaine d’années, a reconnu avoir pratiqué l’excision sur des fillettes de 4 à 6 ans pendant une quinzaine d’années. Dans son compte rendu du procès en cours, Mousso News rapporte que la prévenue a multiplié les demandes de pardon, promettant de ne plus recommencer.
Installée à Kaya après avoir quitté son village d’origine en raison de la crise sécuritaire, T.K. affirme avoir hérité de cette pratique de sa mère, elle-même exciseuse. « Ma mère était exciseuse. Mon père faisait la circoncision », a-t-elle expliqué devant le tribunal. Selon ses déclarations rapportées par Mousso News, elle pratiquait l’excision pendant un mois chaque année, à raison d’une vingtaine de filles par jour.
Pour chaque enfant excisée, elle recevait 2 500 FCFA et une boule de savon. Interrogée sur les raisons de la poursuite de cette activité, malgré son installation dans une localité où elle n’avait pas constaté cette pratique, elle a répondu : « ce sont les gens qui viennent vers moi. » Le tribunal lui a rappelé qu’elle pouvait refuser les sollicitations des parents.
La prévenue a également affirmé ignorer que l’excision était interdite au Burkina Faso, une explication mise en doute par le ministère public. Elle a par ailleurs reconnu utiliser une simple lame, sans gants, et recourir à des incantations pour favoriser la guérison des plaies. Interrogée sur les avantages de l’excision pour les jeunes filles, elle n’a pas été en mesure d’en citer clairement. « Je demande juste pardon. Je ne savais pas. Maintenant que j’ai su, je ne vais plus recommencer », a-t-elle déclaré.
L’audience foraine se tient à la mairie de Boussouma sur trois jours, sous l’égide du Tribunal de grande instance de Kaya, en collaboration avec l’ONG Enabel. Au total, 39 prévenus, dont un homme, sont poursuivis dans cette affaire. Cette audience vise également à rapprocher la justice des populations.
L’excision est interdite au Burkina Faso. Le Code pénal adopté par la loi n° 025-2018/AN du 31 mai 2018 sanctionne les mutilations génitales féminines. Ses articles 513-7 à 513-9 prévoient des peines contre les auteurs de ces actes, y compris lorsque ceux-ci entraînent la mort, ainsi que contre l’encouragement public à leur pratique.
Peine de prison : Quiconque porte ou tente de porter atteinte à l’intégrité de l’organe génital féminin (ablation, excision, infibulation) est puni d’une peine d’emprisonnement de 1 an à 10 ans et d’une amende de 500 000 à 3 000 000 de francs CFA.
En cas de décès : Si la mort de la victime résulte de la pratique, la peine est portée de 11 ans à 21 ans de prison, accompagnée d’une amende de 1 000 000 à 5 000 000 de francs CFA.
Aggravation pour le corps médical : Si l’auteur appartient au corps médical ou paramédical, les peines sont portées au maximum et la juridiction peut prononcer une interdiction d’exercer la profession pour une durée maximale de 5 ans
Télécharger le document ci-dessous pour mieux s’imprégner des sanctions prévues contre cette pratique.
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