La session judiciaire du Pôle économique et financier (ECO-FI) s’est tenue ce jeudi 29 janvier 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga I. A l’audience du jour, le tribunal a examiné un dossier opposant le ministère public à Haram (nom d’emprunt), poursuivi pour des faits de complicité d’escroquerie, infractions prévues et réprimées par les articles 113-1 et 613-2 du Code pénal.
Il ressort des débats que les faits trouvent leur origine dans la situation de précarité financière de Yasida(nom d’emprunt) qui, après avoir consulté une guérisseuse pour des soins prodigués à son enfant malade, a été mis en relation avec un prétendu marabout exerçant dans la zone de Manga. Ce dernier se présentait comme capable de « multiplier l’argent » à travers des rites mystiques

Sous couvert de sacrifices et de cérémonies, le marabout a ainsi exigé et obtenu de la victime plusieurs sommes d’argent, notamment pour l’achat d’un mouton noir, d’un sac rituel et pour la prétendue opération de multiplication de fonds, pour un montant global s’élevant à plusieurs millions de francs CFA. Après avoir fait croire à la réussite de l’opération en montrant un sac supposément rempli d’argent, le marabout a refusé de remettre les fonds à la victime, avant de tenter de lui soutirer davantage de ressources. Ce n’est qu’après la disparition du marabout et la découverte d’un sac vide que Yasida a saisi les autorités compétentes. Les investigations ont permis l’interpellation de Haram, neveu du marabout, présenté comme son complice.

A la barre, Haram a nié les faits qui lui étaient reprochés, tout en reconnaissant exercer le maraboutage, activité qu’il affirme avoir héritée de son père. Il a sollicité la clémence du tribunal. L’audience a également enregistré la comparution de deux autres victimes, toutes des femmes, déclarant avoir chacune remis d’importantes sommes d’argent au marabout dans le cadre du même stratagème. Les trois (03) victimes se sont constituées parties civiles.
Dans ses réquisitions, le ministère public a soutenu que les éléments constitutifs de la complicité d’escroquerie étaient réunis. Il a notamment relevé que Haram se chargeait de recevoir les victimes, de les introduire auprès du marabout, d’accompagner ce dernier, à l’aide d’un véhicule appartenant au marabout, lors des remises de sacs supposés contenir de l’argent et de mettre à disposition sa puce téléphonique pour la réception des fonds illicites. En conséquence, le parquet a requis une peine de douze mois d’emprisonnement et une amende d’un million (1 000 000) de francs CFA, le tout ferme.

Dans son verdict, le tribunal a déclaré Haram coupable des faits de complicité d’escroquerie. Il l’a condamné à dix-huit mois d’emprisonnement et à une amende d’un million (1 000 000) de francs CFA le tout ferme. Le tribunal a également fait droit aux constitutions de partie civile, condamnant le prévenu à indemniser les trois victimes, ordonné la confiscation du véhicule de marque Toyota RAV4, confié à l’ANAGRASC pour vente et répartition du produit, et fixé la contrainte judiciaire à trois mois.
A l’audience, le ministère public a rappelé que « le travail demeure le seul moyen sûr de réussite » et qu’aucun marabout ne saurait multiplier l’argent. Il a appelé la population à la vigilance face à ce mode opératoire d’escroquerie en recrudescence. Quant au marabout principal auteur des faits, un autre volet de la procédure est pendant devant le juge d’instruction, saisi par le ministère public, lequel pourrait décerner un mandat d’arrêt à son encontre.
DCRP-MJ
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