Bobo-Dioulasso : 24 candidats devant la justice pour avoir utilisé l’IA au BEPC et au BEP

L’intelligence artificielle (IA) s’invite désormais jusque dans les salles d’examen. À Bobo-Dioulasso, 24 candidats, dont deux filles, ont comparu devant le tribunal correctionnel le vendredi 19 juin 2026 pour des faits présumés de fraude lors des examens du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du Brevet d’études professionnelles (BEP), session 2026.

Selon les éléments présentés par le parquet, les faits se seraient déroulés les 2 et 3 juin derniers pendant les épreuves écrites. Les prévenus sont soupçonnés d’avoir utilisé des applications d’intelligence artificielle, notamment ChatGPT, Gemini et Grok, pour obtenir des réponses aux sujets d’examen.

Les investigations ont révélé plusieurs modes opératoires. Certains candidats auraient discrètement photographié les sujets dans les salles de composition avant de les soumettre directement à des plateformes d’intelligence artificielle via leurs téléphones portables. D’autres auraient transmis les clichés à des complices restés à l’extérieur des centres d’examen, lesquels se chargeaient de traiter les sujets avant de renvoyer les réponses aux candidats.

Les poursuites portent sur des fraudes présumées dans plusieurs matières, dont le Français, les Mathématiques, les Sciences de la vie et de la Terre (SVT), l’Histoire-Géographie et la Physique-Chimie.

À l’audience, certains prévenus ont reconnu les faits tandis que d’autres ont rejeté les accusations. Les débats ont également permis d’établir que les interpellations sont intervenues à différents stades des examens, certains candidats ayant été surpris dès le premier tour et d’autres au second.

Le ministère public a demandé une requalification des faits selon le degré d’implication des différents prévenus, certains étant poursuivis pour tentative de fraude et d’autres pour complicité.

Le parquet a rappelé que l’article 376-1 du Code pénal sanctionne toute fraude à un examen ou concours public d’une peine pouvant aller de six mois à trois ans d’emprisonnement et d’une amende comprise entre 500 000 et 3 millions de francs CFA.

Toutefois, tenant compte du profil des candidats, le ministère public a requis des peines adaptées. Pour certains prévenus bénéficiant de garanties familiales suffisantes, il a sollicité deux mois de travaux d’intérêt général assortis de douze mois d’emprisonnement ferme. Pour les autres, il a requis quatre mois de prison ferme ainsi qu’une amende de 250 000 francs CFA avec sursis.

Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries, le tribunal a mis son jugement en délibéré. La décision est attendue le 26 juin 2026.

Source : Justice info Burkina

Espoir info

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