Manga, 8 juil. 2026 (AIB) – Le Tribunal de grande instance (TGI) de Manga a rendu, ce mercredi 8 juillet 2026, son verdict dans l’affaire de fraude présumée au BEPC 2026 au centre secondaire de Guéré, dans la commune de Guiba. Les 10 candidats majeurs ont été condamnés à 45 jours de travaux d’intérêt général (TIG) assortis d’une amende de 500 000 francs CFA avec sursis, tandis que les deux surveillants ont écopé de 12 mois de prison ferme et d’une amende ferme de 500 000 francs CFA.
Le tribunal, statuant publiquement contradictoirement en matière correctionnel et en premier ressort a déclaré 10 candidats majeurs coupables de fraude à un examen national. Ils ont été condamnés à 45 jours de travaux d’intérêt général (TIG) ainsi qu’à une amende de 500 000 francs CFA assortie du sursis.
Les deux surveillants poursuivis dans la même procédure, I.A. et T.D., ont quant à eux été reconnus coupables de complicité de fraude à un examen national et condamnés chacun à 12 mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’à une amende ferme de 500 000 francs CFA.
Les prévenus étaient poursuivis pour des faits de complicité de fraude à un examen national, de fraude à un examen national et de négligence dans l’exercice de leurs fonctions de surveillance, à la suite d’irrégularités constatées lors des épreuves écrites du BEPC 2026 au centre secondaire de Guéré.
À la barre, I.A. a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué qu’au cours de l’épreuve de Physique-Chimie, son collègue T.D. l’avait sollicité après que certains candidats se sont plaints de la rigueur de la surveillance. Selon ses déclarations, il a d’abord exprimé des réserves en évoquant les conséquences d’un tel acte avant d’accepter la proposition.
Il a indiqué que son collègue a alors utilisé un téléphone portable pour générer, au moyen d’une application d’intelligence artificielle, des réponses aux questions de l’épreuve, qui ont ensuite été communiquées aux candidats.
Le prévenu a également reconnu avoir relâché sa vigilance durant l’épreuve d’anglais, expliquant s’être assoupi pendant que son collègue avait quitté momentanément la salle sans l’en informer, une situation qui, selon lui, a facilité des actes de tricherie. Il a en outre admis avoir fait preuve du même manque de vigilance lors de l’épreuve d’Histoire-Géographie.
Interrogé sur les motivations de son comportement, I.A. a déclaré avoir agi, selon ses propres termes, par « bon samaritanisme », affirmant avoir voulu venir en aide aux candidats.
Son co-prévenu, T.D., a également reconnu les faits. Il a expliqué qu’au moment de la distribution des feuilles de composition de l’épreuve de Physique-Chimie, une candidate, Simporé Sylvie, s’était adressée aux surveillants pour dénoncer ce qu’elle considérait comme une surveillance trop rigoureuse et leur demander de l’aide.
Selon ses déclarations, il aurait alors demandé à son collègue I.A. d’assurer la surveillance pendant qu’il utilisait son téléphone portable afin d’obtenir, grâce à une application d’intelligence artificielle, des éléments de réponse qu’il aurait ensuite dictés à haute voix aux candidats présents dans la salle.
Le tribunal a estimé que les éléments du dossier, corroborés par les aveux des prévenus et les débats à l’audience, étaient suffisants pour retenir leur culpabilité et prononcer les peines susmentionnées.
Source : Agence d’information du Burkina
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