Bobo-Dioulasso : elle frappe sa coépouse au pilon pour une affaire de 5 000 FCFA

À Bobo-Dioulasso, une affaire de violences familiales sur fond de conflit d’argent a conduit une jeune femme devant la justice. Jugée par défaut par la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance, Salimata, 19 ans au moment des faits, a été reconnue coupable de coups et blessures volontaires sur sa coépouse.

Selon les faits rapportés à l’audience et relatés par le journal judiciaire Justice info Burkina, Salimata et Kadi (tous des noms d’emprunt) partageaient le même foyer, toutes deux mariées à un Volontaire pour la Défense de la Patrie (VDP). Avant son départ sur les théâtres d’opérations, leur époux avait confié à ses deux femmes la gestion d’un loyer mensuel de 5 000 F CFA provenant d’un bien immobilier mis en location, afin de soutenir les dépenses du ménage.

Mais après le départ du mari, les relations entre les deux coépouses se sont progressivement détériorées. Salimata accusait sa rivale de retenir l’argent du loyer, alimentant ainsi des tensions déjà anciennes entre elles.

Le 8 mai 2023, la situation a basculé dans la violence. Profitant du sommeil de Kadi, Salimata l’aurait agressée à l’aide d’un pilon, lui portant plusieurs coups au niveau du front. Gravement blessée, la victime a été évacuée dans un centre de santé où elle a reçu des soins, avec l’aide de leur mari. Le certificat médical produit devant le tribunal a conclu à une incapacité totale de travail personnel de dix jours.

Au cours de son audition devant le parquet, la prévenue a expliqué avoir voulu se venger d’une précédente altercation survenue en 2022. Elle a affirmé qu’alors qu’elle était enceinte, sa coépouse l’avait mordue à la joue lors d’une dispute.

Pour le ministère public, cette affaire illustre un conflit familial ayant dégénéré pour « une somme dérisoire ». Le parquet a toutefois estimé qu’une sanction avec sursis était suffisante pour rappeler la gravité des faits sans envoyer la jeune femme en prison.

S’appuyant sur l’article 512-18 du Code pénal burkinabè, le procureur a requis six mois de prison avec sursis et une amende de 250 000 F CFA assortie également de sursis. Le tribunal a suivi ses réquisitions et condamné Salimata à six mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à 250 000 F CFA d’amende avec sursis.

Pour information, l’article 512-18 du Code pénal prévoit une peine de deux mois à trois ans de prison et une amende de 250 000 F à 2 millions de F CFA lorsque les violences volontaires entraînent une incapacité totale de travail de plus de sept jours et de moins de vingt-et-un jours.

Espoir info

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