M.T et son acolyte R.B sont accusés de traite aggravée d’enfants mineurs. Ils étaient face à la chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Dédougou, le mardi 31 mars 2026, pour répondre de ces faits, commis en avril 2025 à Fakéna, dans la commune rurale de Ouarkoye, province du Mouhoun.
Au nombre de cinq, les adolescents sont passés par M.T, coiffeur de profession, pour se faire recruter, transporter et transférer en République de Côte d’Ivoire (RCI) aux fins d’être employés sur un site d’orpaillage. C’est un jour, lorsque les gamins se sont rendus chez le coiffeur pour se faire tailler les cheveux, qu’ils lui ont confié qu’ils sont à la recherche de travail.
Sachant que son ami R.B avait son petit frère qui travaille sur un site d’orpaillage en Côte d’Ivoire, il lui a vendu la mèche. Ce dernier échange avec son petit frère qui dit avoir besoin d’employés. Le marché est conclu entre ces enfants qui ont assuré le coiffeur que leurs parents sont informés et ont donné leur accord pour le deal. Fort de cette confiance, R.B s’est chargé du reste pour le convoyage des cinq mineurs pour rejoindre son frère en terre d’Eburnie.
Les deux accusés ont avoué que les jeunes étaient informés des tâches qu’ils devraient exécuter sur le site d’orpaillage à travers des images et des vidéos que celui qui est au pays d’Houphouët-Boigny leur avait envoyées, histoire de préparer et d’informer ses futurs employés du travail qu’ils seront invités à exécuter.
Les investigations ont révélé qu’ils ont été soumis à des corvées pénibles au regard de leur âge (le plus âgé a, environ, 17 ans).
Un événement malheureux va bouleverser le séjour des jeunes orpailleurs: un d’entre eux a perdu la vie par noyade, après un mois de séjour. Traumatisés par cette disparition, les enfants abdiquent malgré le contrat qui devrait rapporter à chacun, par an la somme de 700 000 F CFA. Ils reviennent précipitamment au pays. Ce fut l’occasion pour les parents d’apprendre ce qui s’est passé y compris la mort de l’un d’entre eux.
Ces derniers ont décidé de porter l’affaire à la connaissance des autorités compétentes en introduisant une plainte. Les deux coaccusés ont reconnu les faits devant les juges. « J’ai aidé sans contrepartie ces enfants qui ont insisté pour partir. Je leur ai rendu un service », a indiqué M.T. Il a rappelé que son implication s’est limitée à une sorte de mise en contact. R.B a, quant à lui, avoué avoir recueilli les adolescents depuis Ouarkoye, en l’absence de M.T, pour les conduire jusqu’à son frère.
Comme document d’identité, l’un des enfants avait une carte d’identité et les autres des extraits de naissance. Chose qui a facilité le voyage dont les charges ont été supportées par l’orpailleur, foi de son grand frère.
Le procureur du Faso a noté que cette situation est l’expression, si besoin en est encore, des conséquences de la ruée vers les sites d’orpaillage. Elle résulte de « la recherche d’une main-d’œuvre abondante et bon marché », a-t-il déploré. Il a, cependant, laissé entendre que la mort de la victime qui était allée pour se baigner n’était pas liée aux conditions difficiles de travail. Il a souligné que le rôle joué par M.T n’est pas un recrutement. Mieux, le jour où les enfants sont partis, il n’était pas présent à Ouarkoye », a ajouté le parquet comme pour décharger cet accusé dont il a réclamé la relaxe pour insuffisance de preuves.
Par contre, le ministère public a jugé que les faits reprochés à R.B sont clairement établis. « Il a été au cœur du recrutement, du transport et du transfert des victimes », l’a-t-il chargé. C’est pourquoi il a requis contre lui une peine d’emprisonnement de 11 ans assorti de sursis et une amende de 2 millions F CFA, dont 1 million F CFA ferme.
Dans sa décision, le tribunal est allé d’une main ferme en requalifiant les faits en complicité de traite aggravée d’enfants (mineurs) contre M.T. Par conséquent, il l’a condamné à 60 mois de prison, dont 12 mois ferme avec une amende de 1 million F CFA, dont 500 000 F CFA ferme. R.B s’est vu infliger une peine de prison de 11 ans dont 18 mois ferme et d’une amende de 2 millions F CFA dont 1 million F CFA ferme.
Les victimes et leurs ayants droit se sont abstenus de se constituer partie civile.
Source: Sidwaya
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